490
THW.YMDE, MV. M.
vers le golfe de Crisa et ses etroitsabords. Les Peloponnesiens voulurentl’y contraindre. Ils mirent donc a lavoile au lever de 1’aurorc; et, rangessur quatre de front, ils voguerent del’inlerieur du golfe oü ils etaient, lelong de leur propre territoire, ne s’e-cartant pas de l’entree du golfe. Ilsmarchaient par l’aile droite, dans l’or-dre oü ils se trouvaient lorsqu’ils etaienta l’ancreils avaient compose celte ailedroite de vingt vaisseaux des plus le-gers. Dans le cas oü Phormion, croyantque les Peloponnesiens voguent contreNaupacte, s’avancerait au secours decette place, ne pouvant se degager deleur aile pour regagner le large, iln’echapperait pas ä l’attaque dirtgeecontrc lui, et serait facilement enve-loppe. Ce qu’ils avaient prevu arriva.Le general athenien, voyant les enne-mis appareiller, craignit pour Naupactesans defense, et crut devoir, quoiqu’ävegret, embarquer en bäte ses soldats.II rasait la cöte, et I’infanterie desMesseniens arrivait en meme lempspour le soutenir. Les Peloponnesiens,voyant la flotte atheniennc s’avancersur une seule ligne, et dejä engngecdans le golfe et pres de lerre, cc qu’ilssouhaitaient ardemment, donnerenlsouduin le Signal, virerent de bord etse porterent contre eux avec toute lavilesse possible. Ils esperaienl s’empa-rer de la flotte entierc; mais dejä onzevaisseaux plus avances avaient evite laligne des ennemis et leur attaque, etavaient gagne la baute mer; les Pelo-ponnesiens atteignirent les autres, lespousserent ä la cöte dans leur fuite, lesfirent echouer, tuerent des Athenienstont ce qui ne put se sauver ä la nage,et remorquerent quelques vaisseauxabandonnes; ils en avaient pris unavcc lous ceux qui le montaient. Maisbieutöt Messemeas vxeuoem au se-
cours, entrent tout armes dans la mer,montent sur quelques-uns des bätimensqu’entrainaient dejä les ennemis, com-battent du haut des ponts et sauventces bätimens.
Cu ap. 91. Les Peloponnesiens, vain-queurs de ce cöte, puisqu’ils avaientfait echouer des vaisseaux ennemis,semirent, avec leurs vingt bätimens le-gers de l’aile droite, ä la poursuite desonze vaisseaux atheniens qui avaientevite l’attaque et gagne la haute mer.Ceux-ci, ä l’exception d’un seul, lesdevancerent et se refugierent dans larade de Naupacte, ranges en ordre debataille, la proue tournee contre l’en-nemi, ä la vue de Thieron d’Apollon,et disposes ä se defendre, si Ton appro-chait de terre pour les attaquer. LesPeloponnesiens arrivenf. Dejä, commevainqucurs , ils naviguaient en chan-tant le pean. Un vaisseau de Leucade,qui seul voguait fort en avant des au-tres, en joignit un d’Athenes, resteseul en arriere. Un vaisseau marchandse trouvait par hasard ä l’ancre dansla partie de la rade qui touche ä laplcine mer. Le navire athenien l’at-teint le premier, le tourne, vient don-ner contre le vaisseau de Leucade quile poursuivail, et le submerge. Les Pe-loponnesiens, qui ne s’attendaient pasä cet evenement, sont eflrayes : d’ail-leurs, poursuivant en desordre et aveccette confiance imprudenle qui suit lavictoire, plusieurs vaisseaux tenaientles rames basses et s’arretaient, voulautatlendre le plus grand nombre : partifort dangercux, l’ennemi n’ayant quepeu d’espace ä franchir pour venir at-taquer. D’aulres, fautede connaitre laplage, echouaient contre des ecueils.
Cu ap. 92. Ce spcctacle anime lesAtheniens : un seul celeuste a dit unmot d’encouragemcnt; ils poussent uncii et foudent sur l’eunemi. Les PCl<r