tiiucydide
liens. Les quinze vaisseaux de Corcyres’etaient retires. II parlit alors d’Eneon,ville de la Locride : ces Locriens-Ozoles,alliesd’Athenes, devaientse joindre avectoules leurs forces aux Atheniens versI'interieur des lerres. On pouvait s’alten-dre ä tirer un grand secours de leur al-liance, parce que, voisins des Etoliens,ils ont les memes armes, et connaissentleur pays et leur maniere de combattre.
Ciiap. 96.11 passa la nuit, avec sonarmee.dansriiidron de Jupiter Nemeen.La, dil-on, le poele Hesiode fut lue parles gens du pays : un Oracle lui avaitpredit rju’il mourrait dans la Nemee. Onpartit pour l’Etolie au lever de l’aurore.Le premier jour, on prit Potidanie; lesecond , Crocylium , et le troisieme,Tichium. Demosthene s’y arreta, et en-voya le butin ä Eupolium en Locride :car, apres avoir reduit le reste, il avaitdessein, si les Ophioniens ne se ren-daient pas, de relourner ä Naupacle, etde revenir les combattre; mais son pro-jet, ä peine forme, etait dejäconnu desEtoliens, et quand son armee entra danslepays, on les vit de toutes parts et engrand nombre s’avancer a sa rencontre,secondes meme des Bomiens et des Cal-liens, donl !e tcrritoire, silue ä l’extre-mite de l’Ophionie, va descendant versle golfeMaliaque.
Ciiap. 97. Les Messeniens conlinuaientde donner a Demosthene les mömes Con-seils qu’auparavant; ils lui represen-taient que la reduction des Etoliens seraitfacile, et l’engageaient ä se jeter au plustot sur les bourgades, ä prendre toutescelles qui se trouveraient sous sa main,Sans attendre que l’ennemi vint ä sa ren-contre avec toutes ses forces reunies. IIlescrut; et, se fiant ä la fortune, il n’at-tendit pas meme les Locriens, qui de-vaient le joindre, et dont les secours luieussent dte fort utiles, puisqu’on avaitsurtout besoin de gens de traits armes ä
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la legere. 11 s’avanra jusqu’a Egitium,qu'il emporta d’emblee. Les habitansavaient pris la fuite et s’etaient retiressur descollines qui dominentla ville :car eile est assise sur les flancs de ter-rains eleves, ä quatre-vingts stades auplus de la mer. Mais les Etoliens, quivenaientd’arriver au secoursd’Egitium,fondirent de toutes parts du haut descollines sur les Atheniens et leurs allies,les accablant de trails, reculant quandils s’avan^aient, les pressant quand ilscedaient. Le combat se passa ainsi enbrusques altaques et en retraites precipi-tees, et, dans les unes comme dans lesautres, les Atheniens avaient le desa-vantage.
Ciiap. 98. Cependant, tant que lesarchers curent des fleches et purent s’enservir, ils resisterent; car les Etoliens,legercment armes, etaient contenus parles traits qu’on lam;ait. Mais le com-mandant des archers ayanl ete tue, lesAtheniens se disperserent : accablesd’unelutte continue, epuisesde faligue,harceles par les Etoliens, qui ne ces-saient de les presser et de tirer sur eux,ils furent culbules et prirent la fuite. 11savaient perdu leur guide, Chromon deMessene, qui fut tue. Egares, ils don-naient dans des ravins impralicables oudans des sentiers inconnus, et ils etaientmassacres. Les Etoliens continuaient detirer. Legers et legerement vetus, ils enatteignaient beaucoup ä la course. Leplus grand nombre se trompant de che-min, s’engagea dans une foret nonfrayee : les ennemis apporterent du feuet rincendierent. Les Atheniens tente-rent tous les moyens de fuir: partout lamort les atteignail sous mille formes dif-ferentes. Ceux qui se sauverent eurembeaucoup de peine ä gagner Eneon deLocride, d’oü ils etaient partis. Bien desallies perirent, et les Atheniens eux-mömes perdirent environ cent vingt ho-