Band 
Tome premier.
Seite
344
JPEG-Download
 

THUCYD1DE. L1V. VI.

344

pretexte de secourir les ßgestains et derelablir lesLeontins, mais, en effet, pourenvahir la Sicile, et surtout Syracuse,assures, s’ilsdeviennent matlres decetteplace, d’avoir aisement tout le resle.Attendez-vous donc ä les voir bientötarriver, et examinez, d’apres vos res-sources, quels sont vos moyens de re-sistance. Ne restez pas sans defense parmepris pour vos ennemis, ni dans uneentiere incurie par incredulite; mais,tout en croyant ä la realite de l’entre-prise, ne redoutez ni leur audace, nileursforces. Ilsne peuvent pas nous faireplus de mal qu’ilsen auront ä soulfrirde notre pari. En arrivant avec un grandappareil, ils ne nous rendenlpas un fai-ble Service: nos affaires en iront mieuxaupres des autres peuples de la Sicile,qui, vivement alarmös, seronl plus dis-poses ä combattre avec nous. Si nousparvenons ä vaincre les Albeniens ou äles chasser sans qu’ils aient rien fait (carje n’apprehende nullemcnt que leursesperances soientcomblees), cesera pournous le plus heureux evencment, et jesuis loin de desesperer du succes. II estrare, eu effet, que de grandes armees,lielleniques ou barbares, aient reussidans des contrees loinlaines: on ne peutjamais arriver en plus grand nombreque les habilans et les voisins du paysqu’on vient attaqucr; car la crainle lesreunil tous; et si, faule de provisions,on succombe en terre etrangere, quoiquece malheur doive ötre surtoul impute äl’imprudence de ceux qui le supportent,il n’en laisse pas moins un grand renomä leurs ennemis. G’esl ainsi que leMede,qui eprouva des revers aussi inallendusque mullipliös, a faitlagloire desAihe-niens, par cela seul qu’il etail venu desi loin altaquer Athenes : esperons quel’invasion dont aujourd’hui Alhenesnous menace, aura pour nous un sem-blable resullat.

Cu ap. 34. « Pleins de confiance, fai-sons ici nosdispositions : envoyonschezles Sicules, pour confirmer nos ancien-nes alliances et en obtenir de nouvelles,et deputons dans le reste de la Sicile;monlrons ä tous qu’un dangercommunles menace. Envoyonsdans l’Italie, pourque ses peuples se liguent avec nousourejettent l’alliance des Albeniens. II se-rail bon, suivant moi, d’envoyer aussicliez les Carthaginois, qui, loin d’ötretranquilles, se figurent sans cesse lesAlhenicns ä leurs portes. Peut-eire^ansla pensee que s’ils negligent cetle occa-sion ils se trouveront eux-memes dansl’embarras, voudront-ils nous secourird’une maniere quelconque, soil ouver-icmcnt, soit en secret. S’ils en ont la vo-lonte, ils en ont plus le pouvoir qu’aucundes peuples exislans: ils possedeni beau-coup d’or et d’argent, ressource toute-puissante, surtout ä la guerrc. Envoyonsaussi ä Lacedemone et ä Corinthe; in-vitons ces dcux republiques ä nous dün-ner de prompts sccours, et ä fondreenmeme temps i’uneei l’autre sur• l’Atti-que. Mais il est une entreprise bien plusimportante, a mon avis, et que volreindolence accoutumee ne pennet pas devous persuader aisement. Cependanl jevais vous en faire part. Si tout ce quenous sommes de Siciliens, ou du moinsle plus grand nombre possible, nousmeltions ä flot tous nos bätimens, etsi,avec des vivres pour deux mois, allantau-devant des Atheniens j usqu’ä Tarenteet au cap d’Iapygie, nous leur appre-nions qu’avant d’attaquer la Sicile ilsauront ä combattre pour traverser enentier la mer Ionienne, nous les eton-nerions parce traitd’audace; etcommeTarente nous accueillerait, nous lesamenerions ä considerer que, gardiensde notre pays, nous partirons d’uneterre amie pour fondre sur eux; qu ilsont une gründe elendue de mW ^ trÄ *