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Tome premier.
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546 thucydtde

ditd, s’ils croient qu’on ne les devinepas. Apprehendant pour eux-memes,ils veulent plonger l’dtat dansla terreur,afin de cacber leuv pusillanimite dansl’öpouvantecommune. Voilä l’effet queproduisent ces nouvelles, qui ne se re-pandent pas d’elles-mömes et que for-gent des agitateurs de profession. Maisvous, si vous eles sages, vous raisonne-rez sur le parti ä prendre, nond’apresce qu’ils annoncent, mais d’apres ce quedoivent faire des hommesaussi prudenset aussi experimentes quelesAtbeniens.Est-il croyable qu’ils laissent derriereeux les Peloponnesiens el une guerrenon terminde, pourvenir, deleurpropremouvement, en chercher une aulre nonmoins perilleuse! Ne doivent-ils pas sefeliciter plutöt de ce que nous n’allonspas les atlaquer nous-memes, nous dontle pays possöde de si nombreuses et desi puissantes ciles!

Ciiap.37.« Maiss’iisvenaient,commeon ledil, je necrains pas de l’affirmer,la Sicile, mieux pourvue de tout que lePeloponnese, est plus capable de lesreduire, et notre röpubliquc seule estbien plus forte que I’armee qui, dit-on,s’avance mainlenant, füt-elledeux foisencore plus nombreuse. Je suiscertainqu’ils n’ont point de cavalerie, qu’ilsn’en tireront que fort peu d’figeste, etqu’il neviendra passur une flotte au tautd’hopliles que nous en avons. II est dif-ficile, möme avec des vaisseaux legers,de francbir une vaste elendue de mer,et d’apporter tout ce qui d’ailleurs est'nöcessaire pour attaquer une ville del’importancede la nötre. Je suis si loindes craintes qu’on chercbe ä vous inspi-rer, que mömesi les Atbeniens, ä leurarrivee, avaient ä leur disposition uneautre ville (eile que Syracuse, situeesur nos frontieres et d’oii ils feraient laguerre, ä peine alors pourrais-je croirequ’ilsevilassent leurentiere dc6lruction:

, Llf. VI.

ä plus forte raison ne sauraient-ils yeebapperau sein de la Sicile tout entiereleur ennemie ; car enfin ils s’y trouve-ront relegues dans un camp forme devaisseaux et de petites tentes, pourvuäpeine du plus strict necessaire, etd’oünotre cavalerie ne leur permettra guerede s’61oigner. Ou plutöt je pense qu’ilsne pourront pas meme prendre terre,tant nos forees, ä mon avis, seront su»perieures.

Ciup. 58. « Ce que je dis, les Athe-niens le savent comme moi, et je suissur qu’ils songent uniquement ä conser-ver ce qu’ils possedent. Mais il setrouveici des geus qui disent cequin’est point,ce qui ne sera point, et ce n’est pasd’aujourd’hui; ä cbaque occasion quis’en presente, ils effrayent le peuple parde semblables discours, par d’autres en-core plus dangereux, et meme par desvoies de fait. Leur but est de se placerä.a töte de la republique * combien jecrains qu’ä force de tentatives ils nereussissent un jour, et que nous ne sa-chions ni nous mettre en garde contreleurs clcsseins avant d’en subir les fu-nesfes resultals, ni les punir quand ilsseront connus! Aussi, tres-souvent, enproie aux sedilions, obligee de soutenirdes combats moins contre les ennemisdu deliors que contre elle-meme, etquclquefois soumise ä des tyrans et ädes pouvoirs usurpes, notre republiquejouit raremenl de la tranquillile. Si voussuivez mes conseils, je tächerai que detels maux ne l’afSigenl pas de nosjours.Yis-ä-vjs delamultitude,j’emploierailapersuasion; je deploierai les chätimenscontre les artisans de semblables trames,non-seulemenl contre les hommes evi-demment coupables qu’il est difficile deprendre sur le fait, mais contre ceuxqui medilent le crime sans pouvoir lej consonnner : car c’est peu de se defen-'• dre contre les attentats d’un ennemii d