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Tome premier.
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361 THUCYDIDE

Ire plus d’unefois, entre autres contreles Leontins. Encore aujourd’hui ils ontl’audace de vous appeler, comme des in-senses, contre ceux qui reprimenl leursefforls, et qui, jusqu’ä präsent, ont cm-pcche la Siede de tomber sous leur joug.C’estavec bien plus desinceriteque nousvous invitons ä ne pas compromettrevotre salut, qui depend de notre assis-tancemutuelle. Songezque, memesansallies, les Syracusains, redoutables parleur nombre, ont toujours une route ou-verte pour venir vous attaquer, et qu’ilne se presentera pas souvent unesi belleoccasion de vous defendre avec des forcesimposantes. Si, par mefiance, vous souf-frez qu’elles se retirent sans succes, ouä la suite d’un echec, un jour viendraque vous voudrez en voir pres de vousdu moins une faible partie; et vous levoudrez quand ce secours, si merae ilvous arrivait, ne pourra plus servir.

Ciiap. 87 . « Que nul de vous, Cama-rineens et autres habilans de la Sicile,ne prete une oreillecreduleaux imputa-tions des Syracusains. Nous avons dil laverite lout entiere sur les soupgons re-pandus contre nous : pour achever devous persuader, je vais me resumer cnpeu de mots. Nous afürmons donc quenous avons pris l’empire sur les alliesde notre pays pour n’elre soumis ä per-sonne, que nous oflrons la liberle ä nosallies de Sicile pour qu’ils ne nous nui-sent pas, et que nous avons beaucoup äfaire parcc que nous avons beaucoup äcraindre. De lout temps nous avons se-couru ceux d’entre vous qui etaient op-primes, et nous venons les secourir en-core, non pas de nous-mömes, maisparce qu’on nous appelle. Ne vous erigezpas en juges de notre conduite, et n’es-sayez pas, censeurs ä contrc-temps, denous detourner de nos desseins. Si notreactivitd et notre caractere lout ii la foispeuvent vous servir, acceptez nos offres

, LIV. VI.

et profitez-en. Croyezqueceddfautqu’on

nous reproche, loin de nuire egalementä tous, presente de grandes ressourcesäla pluparl des Hellenes. Partout, et dansle paysmeme oü nous ne nous trouvonspas, celui qui veul opprimer et celuiqui craint l’oppression s’attendent egale-ment , l’un ä recevoir des secours pourprix desa soumission ä Alhenes,l’autre,si nous arrivons, ä ne pouvoir sans ris-que execuler son projet; d’oü il resulteque l’un est force malgre lui ä la mod6-ration, et que l’autre est sau ve sans qu’illui en coüte. Ne repoussez donc pas unavantage commun ä tous ceux qui lereclamenl, et qui s’offre maintenantävous; mais, elablissant une comparai-son entre votre sort et celui des autres,au lieu de vous tenir toujours en gardecontre les Syracusains, unissez-vousä nous pour les attaquer enfin vous-memes. »

Ciiap. 88. Ainsi parla Euphemus. Leshabilans de Camarine etaient partagesentre deux affections differentes : d’uncöte, ils avaient de la bienveillance pourles Atheniens, autant du moins qu’ilsle pouvaient, soup^onnant que l’expedi-lion avait pour but rasservissement dela Sicile; de l’autre, toujours en diffe-rends avec Syracuse au sujet des limites,et craignant que cette ville, dont ilsetaient si voisins, seule et sans leur se-cours ne triomphät d’Athenes, ils luiavaient d’abord envoye quelque peu deca Valerie, avec l’intenlion de l’aider da-vantagedans la suite, quoiqueavec re-serve. Cependant, pour ne pas se mon-trer, dans les circonstances presentes,moins portes pour les Atheniens, surtoutapres l’avantage que ceux-ci venaientd’obtenir, ils crurent, dans leurreponse,devoir traiter avec egalite les deux par-tis. Eixes ä cette resolution, ils repon-direnl que, la guerres’etanl elevee entredeux peuples allies, ils croyaient, paf