THUCYDIDE
si^ges, au moins du cöte de terre ; car,resserres par la cavalerie, nous ne pou-vons avancer dans Ia Campagne.
Ciiap. 42. « Ils viennenl encore d’en-voyer demander au Peloponnese uneaulre arrnee, et Gylippe part lui-memcpour les villes de la Sicile. Son desseinest d’engager celles qui sont neutres a sedeclarer, et de tirer des autres, s’il estpossible, de nouvelles troupes de terreet de mer. Ils veulent, comme je l’ap-prends, essayer ä la fois noslignes parterre avec de l’infanlerie, et par mer avecune flotte. Et que personne ne trouveetrange qu’ils pensent ä nous attaqucr,meme par mer; ils savcnt que nolreflotte, d’abord si imposante, et qui n’of-frait que des vaisseaux bien appareilleset des equipages sains, n’a plus mainte-nant que des vaisseaux pouris, pouravoir trop long-lemps tenu la mer, etdes equipages ruinös. Nous ncpouvonsmettre les bälimens a sec pour les radou-bciälavuede la flotte ennemie, aussiforte et mßme plus nombrcuse que lanötre, et qui se montre sans cesse dispo-seeänous assaillir. Nulle doute qu’ellen’en ait le dessein. 11 ne tient qu’auxennemis de nous attaquer; il leur estplus facile de mettre leurs bätimens äsec; car ils ne sont pas obligcs de sctenir en rade contre d’autres vais-seaux.
Ciiap. 13. «Nous, au contraire, nousne pourrions cntreprendre une attaque,quand nous aurions une flotte supe-i ieure, et que nous ne serions pas forces,comme ä present, de tenir tous nos vais-seauxsurla defensive. Pour pcuquenousretranchions de not re garde, nous man-querons de subsislances, n’ayanl dejäque trop de peine ä faire passer nos con-vois ä la vue de Syracuse. Voilä ce quia ruine cl ce qui continuc de ruiner nosequipages; car nos matelots sont tuespa» la cavalerie des qu’ils s’ecartent
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pour aller au loin chercher du bois, dufourrage, de I’eau : quant aux valets,comme les deux camps sont ä la vue Tunde l’autre, ils desertent. Des etrangersqu’on a contraints de monier nos vais-seaux , une partie se disperse dans lesvilles: ceux qu’on a gagnes par l’appätd’une solde, et qui croyaient venir plutotau pillage qu’au combat, voyant ä prä-sent, contre leur attente, et la flotte etlout l’appareil guerrier des ennemis, seretirent, les uns declarant netlementqu’ils ne veulent plus servil - , les autresallant oü ils peuvent, ce qui n’esl pasdifficile, car la Sicile est d’une grandeelendue; d’autres, achetant des esclavesd’IIyccara, obtiennent des trierarquesla permission de se faire remplacer, etdes lors plus de precision dans la ma-noeuvre.
Ciiap. 14. « Je vous <$cris ce que vousne pouvez ignorer, que les equipages neconservent paslong-tempsleur premiereardeur, et qu’il est peu de malelotsquisachent diriger un vaisseau et ramer deconcert. Le plus embarrassant, c’est que,malgre le commandement dont vousm’avez investi, il n’esl pas en mon pou-voir d’obvier ä ces inconveniens (carvous etes des esprils difficiles ä gouver-ner), cl que d’aillcurs nous ne savonsd’oü tirer des recrucs pourcompleter lesequipages. Tandis que les ennemis trou-vent des facilites de toutes parts, noussommes reduits ä prendre sur la masseque nous avons amenee, et ce que nousavons de forces reelles, et ce que nousperdons. Naxos et Catane, maintenantnos alliees, sont hors d’etat de subvenirä nos besoins. Si, pour comble de mal-heur, les pfoces de l’Italie qui nous four-nissent des subsislances nous delaissent,mstruiles de notre Situation et sachantque vous ne nous secourez pas, nous se-rons reduits aux dernieres extremitesetvaincus sans oombats. Je voudrais vous