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Tome premier.
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404 THUCVDIDK

Ir. plus »riste speetacle, ei remplissaitI'&me des plus douloureux sentimens.Les morls restaient saus sepulturc, etcelui qui voyait etendu sur la terre upinfortune qu’il avait ch6ri, eprouvailune afiliclion melee de terreur. Maladesou blesses, les vivans qu’on abandon-nait, bien plus ä plaindre que les morts,inspiraienl encore plus de regrets : ilspriaient, gemissaient, reduisaient l’ar-mee au desespoir, demandant qu’on dai-gnäl les emmener, implorant ä grandscris la pitie de parens ou d’amis, sitoulefois i Is en trouvaient encore; se sus-pendanl ä leurs compagnons de lente,se trainant sur leurs pas, tant qu’ils setrouvaient un reste de forces, et, quandenfin elles les abandonnaient, invo-quant contre eux les dieux, et poussantdes gemissemens. Les troupes fondaienten larmes, loinbaient en une dechiranteperplexite, s’eloignaient avec peine decette terre, quoique ennemie, oü ellesavaient souffert tant de maux, des mauxmoins terribles encore que ceux queleur cachait le voile de l’avenir. On etaitdans l’accablement, on s’adressait r6ci-proquement des reproches : on eüt cruvoir des malheureux fuyant d’une villeprise d’assau t, d’une ville considerable,ear ils n’etaient pas moins de quarantemille. Tous emportaient ce qu’ils pou-vaient, suivant le besoin. Les bopliteset les cavaliers, soit defianee, soit man-que de valels, se chargeaient, contrel’usage , de leurs munitions, qu’ilsportaient avec leurs armes. Les valelsavaient deserte, quelques-uns depuislong-temps, la plupart ä l’instant meme.Ce qu’on emportait n’etait pas memesüffisant, car dans le camp il ne restaitplus de subsistances. Leur deplorablePosition et cet exces de maux oü tousse voyaient egalement reduits, egalitequi en soi presentait pourtant cetteespece de soulagement qui resulte du

, i.iv. vii.

grand nombre des compagnons d’in-fortune, ne leur semblait pas suppor*table malgre ce soulagement. Et d’ail-leurs, de quel etat prospere, de quolcomble de gloire, en quel abime de mi-sere et d’opprobre on se voyait tombe!Quelle difference entre cette armee ve-nue dans le dessein d’asservir, et cellequi fuyail sans espoir probable d’echap-per ä l’ennemi ou ä l’esclavage! Sortisd’Athenes au chant des peans, au miiieudes voeux et des benedictions, ils n’en-tendaient plus, en se retirant, que desparoles de sinistre augure. Au lieu d’gtreportes sur leurs vaisseaux naguere triom-phans, ils se reliraient bonteusementpar terre, mettant desormais leur der-nier espoir non plus dans une flotte,mais dans les boplites : heureux encores’ils pouvaient, au prix de tous cesmaux, echapper ä tant de perils sus-pendus sur leurs tfetes.

Cu ap. 76. Nicias, qui voyait 1’armeedecouragee et dans une grande crise,se montrait ä ses soldats, parcouraitles rangs , exhortait, encourageait, au-tant que le lui permettaient les circon-stances, faisant entendre ä ceux dontil pouvait approcher une voix plus forteque de coutume, parce qu’il etait tres-anime, et voulant produire une grandeimpression par l’accenl de sa voix auloin repandue.

CnAP. 77. «Dans notre deplorableposition, ö Alheniens et allies, il faulconserver encore de l’espoir; d’autresse sont sauves de dangers encore plusterribles. Ne nous reprochons pas tropdurement ä nous-memes nos desaslreset tous ces malheurs inattendus. Moi*meme, qui ne suis pas plus robustequ’aucun de vous (vous voyez mon 6iatde souffrance), et qui, dans ma viepri-vee et publique, fus aussi constammentheureux qu’on peut l’etre,je me voisreduit aus meines exlremites que le*