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Jans un discours fabriquö d’avance,que desormais la solde des troupesserait le seid salaire paye par l’etat;qu’on n’admeltrait au maniement desaffaires que cinq mille citoyens, geuscapables surlout de servir la republi-quedeleurs biens etdeleur personne.
Chap. 66. La plupart goütaient cetarrangement, qui donnait l’adminis-tration des affaires ä ceux qui devaientopererla revolution. Lepeuple ne lais-sail pas de s’assembler encore, ainsique le Senat de la feve; mais ils ne sta-luaient que ce que les conjures vou-laient. Les orateurs etaient de ce corps;et ce qu’ils devaient proposer etaitexamine d’avance. A la vue d’une fac-tion nombreuse, tout le monde trem-blait, personne n’elevait la voix contreeile. Quelqu’un en avait-il l’audace, ontrouvait bienlöt un moycn de s’en de-faire. Nulle recherche contre les meur-triers; nulle procedure, nulle pour-suite contre ceux qu’on soup<;onnait.Le peuple, immobile de stupeur, s’es-timait heureux, möme en se laisanl,d’echapper ä la violence. On croyaitles conjures bien plus nombreux en-core qu’ils ne l’etaient, et les couragesetaient subjugues : la grandeur de laville, l’impossibilile de se connailre lesuns les aulres, ne permettaient pasd’en savoir le nombre. Aussi, malgretoute l’indignation dont on ölait pene-tre, ne pouvait-on faire entendre sesplaintes a personne pour faire concer-ter un projet de vengeance : il auraitfallu s’ouvrir ä un inconnu, ou ä quel-qu’un de connu, mais dont on se de-fiait. En effet, tous ceux qui compo-saient le parti populaire etaient suspectsles uns aux autres, et se jugeaienl re-ciproquement fauteurs de la conjura-bon, car il y etait entre des gens qu’onn’aurait jamais cru devoir se tournervers l’oligarchie ; ces defections etaient
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cause qu’on n’osaft plus se fier ä 1*multitude, et elles redoublaient la sA-curitd des oligarques par la defiancequ’elles inspiraient au peuple contrelui-meme.
Chap. 67. Ce fut donc en de tellescirconstances qu’arriverent Pisandre etses collögues. Ils s’occupercnt aussitötde ce qui reslait ä faire. D’abord ilsassemblerent le peuple, et ouvrirentl’avis d’elire dix citoyens qui auraientplein pouvoir de faire des lois. Ces de-cemvirs, ä jour fixe, presenteraientaupeuple la Constitution qu’ils auraientdressee et qui leur parailrait la meil-leure. Ce jourarrive, ils convoquerentl’assemblee ä Colone, hieron de Nep-lune, silue hors de la ville, ä la di-stance d’environ quatre stades. Tout ceque les decemvirs proposerent, ce futqu’il serait permisä tout Athenien d’d-mettre l’opinion qu’il lui plairait , etils piorterent de grandes peines contrecelui qui accuserait l’opinant d’enfrein-dre les lois, ou Poffenserait d’une ma-niere quelconque. Alors il fut ouverte-ment prononcequ’aucune magistraturene s’exercerail desormais suivant laforme ancienne, et qu’il ne serait plusaffecte de retributions pecuniaires; maisqu’on elirait cinq presidens, elecleursde cent citoyens, dont chacun s’enad-joindrait trois aulres; que ces quatreCents, entvanl au conseil, gouverne-raient avec plein pouvoir, comme ilsle jugeraient convenable, et qu’ils as-sembleraient les cinq mille quand ils lecroiraient necessaire.
Chap. 68. Ce fut Pisandre qui pro-posa ce decret, Pisandre qui montraouvertement dans tout le reste un zeleardent ä dissoudre la democratie. Maiscelui qui avait arrange toute cettegrande affaire, qui en avait amene ledenoüment et qui l’avait preparö delongue main, c’etait Antiphon, homnae
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