XfllNOPHON.
468
delaCilicie. Elle est peuplde, grande,florissante et situee sur le bord de lamer. On y sejourna Irois jours pendantlesquels arriverent trente - cinq vais-seaux venant du Peloponnese, et com-mandes par Pythagore, Lacedemonien.Tamos, figyptien, les conduisait de-puis fiphese. 11 avait avec lui vingl-cinqautres vaisseaux de Cyrus avec lesquelsil avait assiege Milet, ville dans lepartide Tissapherne, et avait servi le princecontre ce satrape. Sur ces bätimensetaient Chirisophe, Lacedemonien, qu’a-vait mande Cyrus, et sept cenls hoplitesqu’il commandait pour ce prince. Lesvaisseaux jeterent l’ancre et mouillerentpres de la tente de Cyrus. Ce fut lä quequatre cents hoplites grecs ä la solded’Abrocomas, ayant deserte de son ar-mee, se joignirent ä Cyrus et mar-cherent avec lui contre le roi.
d8. D’Issus, ce prince, dans une mar-che de cinq parasanges, vint aux portesde la Cilicie et de la Syrie. C’etaientdeux murailles. Celle du cöte de la Ci-licie etait gardee par Syennesis et par sestroupes. On pretendait qu’une garnisond’Artaxerxes occupait celle qui etait au-delä et du cöte de la Syrie. Entre lesdeux coule le lleuve Carsus, large d’unplethre. La distance des murailles est detrois stades. On ne pouvait forcer cedefile, car le chemin etait etroit, les for-tifications descendaient jusqu’ä la mer;au-dessus etaient des rochers ä pic etl’on avait pratique des portes dans lesmurailles. C etait pour s’ouvrir ce pas-sage que Cyrus avait fait venir sa flotte,voulant pouvoir porter des hoplites, soitdans l’intervalle, soit au-delä des mu-railles , et passer en forcant les ennemiss’ils gardaient le pas de Syrie; car Cy-rus presumait qu’Abrocomas, qui avaitbeaucoup de troupes ä ses ordres, n’ymanquerait pas. Abrocomas cependantn’en fit rien; mais des qu’il sut que Cy-
rus etait en Cilicie, il se retira de laPhenicie, et marcha vers le roi avec unearmee qu’on disait etre de trois centmille hommes.
19. De lä on fit en un jour de marchecinq parasangesdansla Syrie, et onarrivaä Myriandre, ville habitee par les Phe-niciens, et situee sur le bord de la mer.C’elait un lieu commerqant. Beaucoupde vaisseaux marchands y mouillaient.On y sejourna sept jours. Deux gene-raux grecs, Xenias d’Arcadie et Pasionde Megäre, montant sur un petit bäli-ment et y chargeant ce qu’ils avaient deplus precieux, mirent ä la voile. 11setaient, selon l’opinion la plus com-mune, mecontens et jaloux de ce queCyrus laissait ä Clearque ceux de leurssoldats qui s’etaienl joints ä lui pour re-tourner en Grece, et pour ne pas mar-cher contre Artaxerxes. Des que ces %k-neraux eurent disparu, on pretenditque Cyrus enverrait contre eux ses tri-remes, et les uns souhaitaient qu’ilsfussent arreles et traites comme des four-bes, d’autres plaignaient le sort quiles attendait, s’ils tombaient entre lesmains de ce prince.
20. Cyrus ayant assemble les gene-raux, leurdit: «Xenias et Pasion nousontabandonnes. Mais qu’ils ne se glorifientpas d’avoir trompema vigilance, et dem’avoir echappe; car je sais oü ils vont,et j’ai des triremesqui me rameneraientbientot leur bätiment. Mais j’atleste lesdieux que je ne les poursuivrai pas. Per-sonne ne dira que, tant qu’un hommeteste ä mon service, je l’emploie utile-menl pour moi, et que lorsqu’il veut seretirer, je l’arrete, le traite mal et ledepouille de ses richesses. Qu’ils sen
aillentdonc, et songent qu’ils en usent
plus mal envers moi, que moi enverseux. J’ai en mon pouvoir leurs femmes,leurs enfans qu’on garde dans la "villede Tralles; mais ils ne seront pas »6»®