Band 
Tome premier.
Seite
482
JPEG-Download
 

HKBIiäüüSiK

482 xßNOPHON.

LIVRE SECOND.

On a vu, dans le livre precedent,comment Cyrus leva des troupes gree-ques lorsqu’il entreprit son expeditioncontre Artaxerxes. On y a lu tout cequi se passa pendant Ja marche, lesdetails de la bataille, comment Cyrusfut tue , et comment les Grecs revenusä leur camp y passerenl la nuit, per-suades qu’ils avaient battu toutes lestroupes du roi, et que Cyrus etait envie. A la pointe du jour, les generauxs’assemblerent. Ils s’etonnaient que Cy-rus n’envoyät personne leur porter desordres ou ne parüt pas lui-meme. Ilsresolurent de faire charger les equi-pages qui leur restaienl, de prendreles armes, et de marcher en avantpour se reunir au prince. Ils s’ebran-laient dejä, lorsqu’au lever du soleil,Procles, gouverneur de Teuthraine,qui descendait de Damarate le Lacede-monien, et Glus, fils de Tamos, arri-verent. Ils apprirent aux Grecs queCyrus avait ete tue, qu’Ariee ayant fuiavec ses Barbares, occupait le campd’oü l’on etait parti la veille; qu’illeur promettait de les y attendre toutle jour, s’ils voulaient s’y rendre;mais que des le lendemain, ä ce qu’ilannoncait, il se mettrait en marchepour relourner en Ionie. Les generauxet tous les Grecs ayant entendu ce dis-cours, s’affligeaient. Clearque dit :« Plüt au ciel que Cyrus vecüt encore!Mais puisqu’il est mort, annoncez äAriee que nous avons battu le roi, qu’iln’y a plus de troupes devant nous,comme vous le voyez vous-memes, etque nous allions marcher contre Ar-taxerxes, si vous ne fussiez survenus.Qu’Ariee nous joigne. Nous lui pro-mellons de le placer sur le tröne; carc’est aux vainqueurs ä disposer desempires. » Ayant dit ces mots, il ren-

voya les deputds, et les fit accompa-gnev par Cbirisophe Lacedemonien,et par Menon de Thessalie. Menon bri-gua lui-meme cet emploi; car il etaitami d’Ariee et lie ä ce Barbare par lesnoeuds de l’hospitalite. Les deputes par-tirent. Clearque attendit leur retour.L’armee se procura des vivres commeeile put. On prit aux equipages desboeufs et des änes qu’on tua. Le Sol-dat, pour avoir du bois, s’avanfantun peu hors de la ligne jusqu’au lieuoü s’etait donnee la bataille, ramassales fleches qu’on avait fait metlre basaux deserteurs de l’armee du roi. Il yen avait une grande quantite. On trouvaaussi des boucliers ä la perse, des bou-cliers de bois des Egyptiens, beaucoupde boucliers d’armes ä la legere, et desCaissons vides. On se servit de ces boispour faire bouillir les viandes, et l’onvecut ainsi ce jour-lä.

2.Versl’heure oü lamultitudeabondedans les places publiques, il arrivedesherauts de la pari du roi et de Tissa-pherne. Ils etaient tous Barbares, ä Pha-linus pres, Grec qui se trouvait ä la suitede ce satrape, et qui en 6tail considere,car il se donnait pour avoir des connais-sances sur la tactique et sur le manie-ment des armes. Les herauts s’etant ap-proches et ayant appele les generaux,leur annoncent que le roi se regardantcomme vainqueur par la mort de Cy-rus , ordonne aux Grecs de rendre lesarmes, de venir aux portes de son pa-lais implorer sa clemence, et tächerd’obtenir de lui un traitement favo-rable. Voilä ce que declarerent les he-rauts. Les Grecs s’indignerent de leurdiscours. Clearque se contenta de direque ce n’etait point aux vainqueurs amettre bas les armes. « Vous autres,ajouta-t-il, generaux, mescompagnons.repondez ce que vous croirez de meil-leur et de plus honnöte. Je revieos^