LA CYROPfiDlE. — UV. I.
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corivient ä cbacun de ces arts; si tu enimposais d’abord, bieniöt la premierei 5 preuve mettrait ä decouvert et lon im-posture et ta sötte vanite. — Mais com-ment acquerir un fonds de connais-sances dans une partie qui doit etreutile?—C’est, mon fils, en eludianttout ce qui est ä Ja portee de l’esprit hu-main, comme tu as eludie la tactique.Dans ce qui est au-dessus des lumiereset de la prevoyance humaine, tu sur-passeras les autres hommes en Intelli-gence si tu consultes les dieux par l’or-gane des devins, et si d’ailleurs tuexecutes ce que tu auras juge le meil-lcur,car jatnais l’hommeprudent neseneglige sur ce point. Au reste, pourfttve aime de ceux que Ton commande,ce qui est de la plus baute importance,ontiendra la meine conduitequesi l’ondesirait se faire desamis, je veux direqu’il faut donner des preuves evidentesde son bon coeur. Je sais, mon fils,qu’on ne peut pas, ä cet egard, tout cequ’on veut; du moins on se rejouitavec eux du bien qui leur arrive; ons’afflige du malheur qu’ils eprouvent,on s’empresse ä les secourir dans leurinfortunc; on leur montre de rinquie-tudesur les perils qui les menacent, ons’occupe du soin de les en garantir. Tuleur dois surtout ces marques d’altache-ment.
« Dans une Campagne d’ete, il fautqu'on remarque le courage du chef äsnpporter l’ardeur du soleil; il faut enhiver, qu’il endure le plus de froid;lorsqu’il s’agit de travailler, qu’il semontre le pjus laborieux; car tout celagagne le coeur des soldats. — Ainsi,mon pure, tu prötends qu’un generaldoit mieux soutcnir la fatigue que ceuxqu il commande. — Oui, sans doute:cependant ne t’alarmc pas. Sache, monfils, que les meines travaux n’affectentptts egalentenl le corps d’un general et
celui d’un simple Soldat: ils sont adou-cis pour celui-lä , par 1’honneur, et parla eenitude que pas une de ses actionsne reste ignoree.— Mais, mon pere,quandl’armeeestfourniede munitions,que les soldats sont sains, infatigables,exercesaux manoeuvres militaires, im-patiens de signaler leur bravoure, ai-manl mieux obeir que se refuser aucommandement, ne jugcs-tu pas qu’ilest ä propos d’en venir promptementaux mains avec l’ennemi? — Ässuve-menl, si l’on espere le faire avec avan-lage. Auirement, plus je compteraissur ma valeur et celle de mes troupes ,plus je serais circonspect; parla raisonque plus une chose est precieuse, pluson est attenlif ä la meltre en sürele. —Et comment se procurer sur ses enne-misun avantage certain?— La questionque tu me fais n’est pas des moins im-portantes , et ne se resout pas sur-le-champ. Apprends, mon fils , que pourreussir, il faut savoir tendre des pieges,dissimilier, ruser, tromper, derober,piller, et savoir tout cela mieux quel’ennemi.—Par Hercule! s’ecria Cyrus,en riant aux eclats, quel homme tuveux que je devienne! — Un homme telqu’il n’y en aura point de plus juste,de plus ami des lois. — Pourquoi doncnous enseignez-vous tout le contrairedans l’enfance et dans l’adolescence ?— On vous l’enseignerait encore pourvivre avec vos concitoyens et vos amis.Mais ne vous rappelez-vous pas quepour nuire ä l’ennemi vous appreniezquantite de rnoyens?— Moi, mon pere,jo n’en apprenais aucun. — Pourquoiappreniez-vous ä tirer de l’arc, ä lan-cer le javelot, ä pousscr vers les toileson dans les pieges les sanglicrs et lescerfs? Pourquoi, au lieu d’attaquer defront les lions, les ours, les leopards,cherchiez-vous loujours ä les combaltresans danger ? No vois-tu pas dana tout
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