658 XENOPHON.
leur sjmmes fort inferieurs en nombre,ils feront peu de cas de nous; et dc-main ils sortiront avec bien plus de re-solution. Maintenanl qu’ils uous saventpres d’eux, sans nous voir, sachez queloin de nous mepriser ils soni in-quiets sur nos projets; je suis meine sürqu’ils s’entreliennent continuellementde nous. Lorsqu’ils sortiront de leursretrancbemens, paraissons lout ä coup,courons a eux ; saisissons l’instant de-puis si long-lemps desire. » Cyaxare ettous les ofliciers approuverent cet avis.Apres le souper, on posta des corps-de-garde, on aliuma des feux en avant;puis on alla se reposer.
Le lendemain matin, Cyrus, unecouronne sur la tele, accompagne deshomotimes, qui avaient eu ordre devenir, couronnes comme leur cbcf,offrit un sacrifice qu’il termina par cediscours:«Braves camarades, lesdieux,les devins, mes connaissances dans ladivination , tout nous annonee ä la foisune bataille prochaine, la vieloire et lesalut de la patrie. Je rougirais si j’avaisseulement la pensee de vous avertir devos devoirs. Vous les connaissez commemoi; vous les avez medites; ils ont eteet soni encore le sujet continuel de tousnos entretiens. Vous etes en etal, aulantque moi, d’en donner des lecons; ce-pendant peut-etre n’avez-vous pas songeä un point important; ecoulez-moi. IIconvient que vous rappeliez ä ceux quisont eleves depuis peu au rang de noscompagnons d’armes, et que nous tä-chons de rendre semblables ä nous,dans quelle vue Cyaxare nous a nour-ris; quel a öle le but de nos exercices;quellesinstructions, quelsconseilsnousleuravonsdonnes. Ils annoncerent alorsqu’ils seraient volontiers nos anlago-nisles : rappelez-leur que ce jour vameijre ä decouvert le mörite de chacun.11 ne serait pas etonnant que quelques-
uns d’entre eux eussent encore besoinqu’on les fit ressouvenir de ce qu’ilsn’ont appris qu’un peu tard. Ne serait-oti pas trop heureux qu’ils remplissentleurs devoirs par l’inspirationd’autrui?Vous, de qui eile leur sera venue,vous y gagnerez d’avoir montre quelshommes vous etes; car celui qui, dansune bataille, sait augmenter le couragedes autres peut, ü bon droit, se piquerd etre un guerrier parfait; au lieu quecelui qui n’a de courage que pour lui,et qui s’en conlente, n'est brave qu’ädemi. Je ne leur parlerai donc pas; c’estvous que je cliarge de ce soin. Par-Iäils ehercheronl ä vous plaire; car, cha-cun dans volre Compagnie, vous lesavez sous vos yeux. Sachez que tautqu’ils vous verront pleins de resolu-tion, vous leur donnerez et ä beaucoupd’autres des lecons d’intrepidile quiseront, non de vaines paroles, maisdes exemples. Allez diner, ajouia-t-il,sans quitter vos couronnes; et apresles libations ordinaires , la töte ceinledesmömescouronnes, retournezä votreposte. »
Lorsqu’ils furent sortis, Cyrus mandales serre-fdes : « Braves Perses, leurdil-il, vous voilä au rang des liomo-limes. Comme aux autres vertus mili-laires vous joignez la prudence quedonnent les annees, je vous ai assigneun poste non moins bonorable que ce-lui des ofliciers qui occupent le pre-mier rang : placesau dernier, vous lesobserverez, vous lesencouragerez, vousles ( icndrez encore plus braves. Vousremarquerez ceux qui agiraient non-chalamment, vous ne leur permellrezpas d’elre läches. Au reste, vous etes,plus que personne, intercsses ä la vic-toire, lant ä cause de votre äge qu’äraison de la pesanteur de votre armure.Quand ceux des premiers rangs vousinviteront par leurs cris ä les suivre,