JLA CVKOPÜDIE
des premiers, les exhortent ä leur tour,les pressent de les mener vigoureuse-ment. On ne voit dans l’armee de Cyrusqu’ardeur, amour de la gloire, con-fiance, zele ä s’encourager reciproque-ment, prudence, discipline : disposi-tions desesperantes pour les ennemis.
Quant aux Assyriens, ceux qui de-vaient engager le combat, monles surdeschars, saulerent dessusä l’approchedes Perses, et se replierent sur le grosde leur armee. Les archers, les acon-tistes et les frondeurs firent une de-charge, mais de trop loin. Cependantles Perses avanqaient, et foulaient auxpieds les fleches des Assyriens. AlorsCyrus secrie : Vaillans guerriers, quequelqu’un d’enlre vous double le pas,et que son exemple devienne un signalpour les aulres. » A ces mots, repetesdans un instant, plusieurs, empörtespar leur courage et par le desir d’en ve-nir aux mains, commencent ä courir;ils sont suivis du reste de l’armee. Cy-rus lui-möme, cessant de marcher aupas, est bientöt ä leur tete; il les pre-cede en criant: « Qui me suit? oü estle brave qui le premier renversera unennemi? » Ceux qui l’entendent re-pondent par le meme cri; tous ontbientöt röpete avec lui : « Qui me suit?oü sont les braves? » Telle fut l’impe-tuositeavec laquelle les troupes persesvolerent au combat. Mais les ennemis,loin de les attendre, prirent la fuite, etse retirerenl dans leurs retranchemens.Tandis qu’ils se poussaienl ä l’entree,les Perses qui lesavaient poursuivis enfirent un grand carnage ; puis, fondantsur ceux qui lombaient dans le fosse,ils tuerent indistinctemenl et les hom-mes et les chevaux des chars qu’on yavait entraines et precipites dans le de-sordre de la fuite. La cavalerie mede,royant cetle deroule, chargea celle desennemis - , mais ceux-ci s’enfuirent en«
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core ä loule bride. La poursuite fut vive,il se fit un grand carnage d’hommes etde chevaux. Ceux des Assyriens postesen dedans des retranchemens, sur lacrete du fosse, etaient si epouvantesdu speclacle qui s’offrait ä leurs yeux,qu’ils n’avaient ni la force ni la penseede se servir de leurs fleches et de leursdards, contre ceux qui massacraientleurs camarades : s’etant meme aperqusque quelques Perses avaient force l’en-tree du camp, ils abandonnerent lacröte du fosse et s’enfuirent.
Les femmes des Assyriens et de leursallies, voyant que la deroule etait gene-rale, meme dans le camp, faisaientretentir l’air de leurs cris; eiles cou-raient cä et lä tout eperdues, les meresportant leurs enfans dans leurs bras,les plusjeunes arrachant leurs habits,se dechirant le visage, conjurant ceuxqu’elles rencontraient de ne point lesabandonner, de combaltre pour leursfemmes, leurs enfans, pour leur proprevie. Dans ce moment, les rois allies,avec leurs meilleurs soldals, postes äl’entree du camp, et montes sur le lieule plus eleve des retranchemens, com-battaient en personne et ranimaient lecourage de leurs troupes. Cyrus s’aper-cevant de ce mouvement, et craignant,s’il entreprenait de forcer le passage,que ses gens, trop peu nombreux , nefussent accables par la multitude, or-donna qu’on se retirät soudain hors dela porlee du trait. Il fut aise de distin-guer les liomolimes ä leur prompteobeissance, ä leur zele pour faire exe-cuter l’ordre du general. Quand ils sefurent eloignes de la porlee du trait, ilsreprirent leurs rangs mieux encore quene l’eüt fait un choeur de danseurs :tant chacun connaissait avec precisionoü il deyait se placer.