LA CYROPfcDJE. — LIV. VII.
suivre. Tous ceux qui lg composaientötaient armes comme lui; tous avaient’a tunique de pourpre, la cuirasse et lejasque d’airain, le panache blanc, unjavclot de bois de eormier et une epee.Le chanfrein et le poitrpil des chevaux,aijisi que les bardes qui leur eouvraientla croupe, etaient d’airain; les cuis-sards des cavaliers etaient de meme me-tal. Les armes de Cyrus ne differaientde celles de sa troupe, sur lesquellespn avait applique une couleur d’or, quepar le poli, qui les rendail brillantesComme un miroir.
Monte sur son cheval, il s’arrötaitun moment, et regardait de quel cöteil marcherait, lorsque tout ä coup letonnerre se fit entendre ä sa droite :«Nous tesuivons, grand Jupiter! s’ecria-t-il.» Aussitöt il partit, ayant ä sa droitel’hipparque Chrysante avec ses cava-liers, ä sa gauche Arsamas ä la töte del’infanterie. Il leur recommanda de mar-cher d’un pas egal, et de suivre des yeuxson etendaid , qui etait une aigle d’ordeployee au bout d’une longue pique.Tel est encore aujourd’hui lelendarddes rois de Perse.
Avant d’apercevoir l’ennemi, Cyrusfit faire halte trois fois ä ses troupes.Apres une marche de vingt stades, ellescommenpaient ä decouvrir les Assy-riens, qui venaient ä leur rencontre.Lorsque les deux armees furent en pre-sence, Cresus, ayant remarqueque sonfront debordait considerablement dedroite et de gauche celui de Cyrus, fitfaire halte ä sa phalange , ce qui etaitnöcessaire pour se former en demi-cercle, et ordonna que les deux extre-mes se courbassent en forme de gam-» pour assaillir les Perses en memetemps de toutes parts. Ce mouvement,qui fut apercu par Cyrus, ne l’arrölapoint, et ne changea rien ä l’ordre desa marche; mais observant que, dans
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la courbe qu’ils decrivaient, ils s’eten-daient beaucoup sur les ailes : * Vois-lu, dit-il ä Chrysante, quel tour pren-nent ces ailes? — Je le vois, et j’en suisetonne : il me sernble qu’elles s’eloi-gnenl beaucoup de leur corps de ba-taille. — Oui, mais je trouve aussiqu’elles s’eloignent beaucoup de nous.— Sais-tu pourquoi ? — C’esl que sielles nous approchaient trop, tandisque le corps de balaille est encore loin,elles craindraient que nous n’allassionsä la Charge. — Mais comment ces dif-ferens corps, separes par un si grandintervalle, pourront-ils se secouriv lesuns les autres? — Il est clair que quandles ailes auront pris assez de lerrain,elles tourneront sur nos flaues, et, mar-chant ä nous en bataille, nous atta-queront de tous cötes ä |a fois.—Croig-tucelte manoeuvre bonne?—Oui, rdpou-dit Cyrus, d’apres ce qu’ils voient denotre ordonnance; mais relativementä ce que je leur en ai cache, ils auraientencore mieux fait de nous attaquer defront. Au reste, toi, Arsamas, menel’infanterie au petit pas, comme tu naevois marcher; toi, Chrysante, suis avecla cavalerie, et du mfeme pas qu’Arsa-mas. Je me porterai ä l’endroit pö j'aidessein de former la premiere attaque,et j’examinerai en passant si tout egten bon etat. A mon arrivee, lorsquenous serons pres d’en venir aux mains,j’entonnerai l’hymne du combat, au-quel vous repondrez. Aussitöt que l’at-taque commencera, ce que vous ju-gerez facilement au bruit qui se fetaentendre , Abradate , suivant l’ordrequ’il va recevoir, fondra impetueuge-ment avec ses chars sur les bataillonsqui lui sont opposes : suivez-le d’aussipres que vous pourrez, afin de profiterdu desordre qu’il y causera. Pour moi,je vous rejoindrai le plus tot qu’il mesera possibl«, pour voug aider ä pour*