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Tome premier.
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xfiNOPnoN.

puissance, il ne commit ä personne lesoin de les surveiller, persuade que ceuefonction lui appartenaitspecialement.ilsavait que dans une bataille ce seraitentoure de ces hommes lä qu’il combat-trait et courrait les plus grands dangers;que c’etait de leurs corps qu’il devaittirer des taxiarques, soit d’infanteriesoit de cavalerie; des generaux capablesde commander, ä son defaut; des gou-verneurs de villes et de provinces en-tieres, et meme des ambassadeurs : caril regardait comme un objet essenlielde pouvoir venir ä bout de ses desseinssans employer la force. Or, ilsentait queses affaires iraient mal si les hommescharges des emplois les plus importansn’elaient pas en etat de les remplir; etque les choses, au contraire, tourne-raient ä son gre s’ils ölaient tels qu’ilsdoivent etre. Il resolut donc de se livrertout entier ä cette surveillance : il pen-sait que ce serait pour lui un nouveaumotif de s’entrelenir dans la pratiquede la vertu; persuade qu’il est impos-sible d’y exciter les autres en n’en don-nant pas l’exemple.

Penetre de ces veriles, il compritque pour surveiller les grands il luifallail avant tout du loisir; mais ilvoyait, d’un cöte, que les depenses ne-cessaires dans un empire aussi vasteque le sien ne lui permettaient pas denegliger la partie des finances; de l’au-tre , que s’il voulait y veiller par lui-meme, il ne lui resterait pas, ä causede l’etendue de ces domaines, un seulmoment pour s’occuper d’un objet d’oüdependait le salut de l’empire. Commeil cherchait par quel moyen il pourraitä la fois bien administrer ses finances etse menager du loisir, il s’avisa de pren-dre pour regle de conduite l’ordre quis’observe dans les corps mililaires. Lesdizainiers veillent sur leur dizaine; ilssont surveilles par les lochages, ceux-ci

par les chiliarques, qui le sont ä leurtour par les myriarques : en sorte quedans la plus nombreuse armee il n’estpersonne qui ne reconnaisse un supe-rieur; et quand le general veut la faireagir, il lui suffit d’adresser ses ordresaux myriarques. Cyrus forma sur cemodele son plan d’adminislration: ainsitout se reglait en conferant avec peu depersonnes, et il lui restait plus de tempslibre que n’en a le chef d’une maisonou lecommandantd’un vaisseau.Apresavoir etabli cet ordre, il engagea sesamis ä s’y conformer, et par-lä les fitparliciper au loisir qu’il s’etait procure.

Il s’appliqua des lors ä rendre leshommes qu’il s’etait assocife tels qu’illes desirait. Si quelqu’un d’entre eux,assez liehe pour vivre sans etre obligede travailler, manquait de venir ä laporle, il lui en demandait la raison. Ilpresumait que ceux qui s’y rendaientassidüment, etant sans cesse sous sesyeux, ayant d’ailleurs des gens ver-tueux pour temoins de leur conduite,n’oseraient rien faire de criminel ou dehonteux; et que l’absence des autresavait pour cause, ou la debauche, ouquelques mauvais desseins, ou de lanegligence.

Dans cette persuasion, voicicommentil s’y prenait pour forcer meme ceux-ciä se presenter. Par son ordre, quel-qu’un de ses plus intimes amis allaitsesaisir de leurs biens, en disant simple-ment qu’il prenait ce qui lui apparte-nait.Ceux qui elaient depouillesaccou-raient pour s’enplaindre: Cyrus feignaitlong-temps de n’avoir pas le loisir deles entendre,- et quand il les avait en-tendus, il renvoyait ä un termeeloignel’examen de leur affaire. Il esperaitainsiles accoutumer ä faire assidüment leurcour, se rendant moins odieux que s’illes eüt contraints par une punition.Voilä son premier moyen pour les rap-