LA CYKOPfiDIE.
LIV. VIII.
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lui Chrysante, ill’embrassa. «Ah! Sei-gneur, dit Artabase, la coupe que j’airegue de toi, et ie don que tu viens defaire ä Chrysante ne sont pas du mememetal.—Je t’en ferai un pareil, repartitCyrus. — Quand, demanda Artabase?— Dans trenle ans, repondit le prince.—Prepare-loi ä me tenir parole, repritArtabase; car je compte bien en altendrehelfet, et ne pas niourir avant que tul’aies acquiltee. » Ainsi se lermina lesouper. Tous s’elant leves, Cyrus seleva aussi, et Ies accompagna jusqu’äla porte.
Le lendemain il renvoya dans leurpays tous les allies qui avaient embrassevolontaireinent son parti, excepte ceuxqui prefererenl s’elablir aupres de lui.Ceux-ei, qui pour la plupart etaientMedes ou Ilyrcaniens, obtinrent desterres et des maisons que leurs descen-dans possedent encore. Les autres, quiaimercnt mieux s’en aller, furent com-bles de presens; et tous, tant soldatsqu’officiers , furent contens de la gend-rositd du prince. II fit ensuile distribuerä ses propres troupes les tresors qu’onavait enleves de Sardes, commen^antpar les myriarques et par les officiersaltaches ä sa personne, qui reeurent enProportion de leurs Services. La dislri-bution du resle fut confiee aux myriar-ques, pour etre partagee suivant la regleobscrvee ä leur egard. Chacun des chefsdonnait ä ses inferieurs la portion quileur revenait; ainsi de suite, de gradeen grade, jusqu’aux sizainiers, qui fi-rent la repartilion ä leurs soldats, selonle meritc de chacun ; de sorte que tousfurent partages avec justice. Cetle grandeliberalile fit parier diversemenl. 11 faut,disaient les uns, que le prince ait desrichesses immenses, puisqu’il fait ächacun de nous des dons si conside-rables. Quelles richesses peut-il avoir,disaient les autres? on sait qu’il n’est
pas d’humeur ä thdsauriser, et qu’ilaime mieux donncr que posseder. Cy-rus, informe de ce qu’on disail de luiet de ce qu’on en pensait, assembla ,outre ses amis, tous ceux dont il jugeala presence necessaire, et paria en ceslermes :
« Chers compagnons, j’ai vu desgens qui veulent parailre plus richesqu’ils ne sont; ils croienl par-lä s’at-lirer plus de consideralion ; mais illeur arrive preciseinent le conlraire;car quiconque affecte l’opulence, etn’aide pas ses amis en raison de ses fa-cultes, n’y gagne qu’une reputationd’avarice sordide. D’autres s’eludient äcacher leur richesse : ä mon avis , ceux-ci ne sont pas moins inutiles dans lasociete, parce que leurs amis memes,ne connaissant point leur fortune , ettrompes par l’apparence , n’osent sou-vent leur decouvrir leurs besoins. Pourmoi,je pense qu’il est d’un homineloyal de laisser voir ä decouvert ses ri-chesses, et de s’en servir pour signalersa gdnerosite. Je veux donc exposer ävos yeux tout ce que je possede : jevous rendrai compte de ce que je nepourrai vous monlrer. » Aussitöl il leurfit voirquantite de riches effels, et leurdesigna les objets qui n’elaient pas envue. « Vous devez croire, mes amis,continua-t-il, que tous ces biens sontä vous autant qu’ä moi. Je les aiamasses, non pour les dissiper, moinsencore pour les consumer, je ne lepourrais pas; mais afin d’avoir tou-jours de quoi recompenser les hellesaclions, et de pouvoir secourir ceuxd’entre vous qui, se trouvant dans lebesoin, auront recoursa moi. » Ainsiparia Cyrus.
5. Quelque tempsapres, voyantquel’elal de ses affaires ä Babylone luipermettait de s’en eloigner, il fu sespreparalifs pour aller enPerse , et conv-
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