Band 
Tome premier.
Seite
820
JPEG-Download
 

820 ARMEN,

rait, voiläqu’au milieu d’un ciel serein 'le tonnerre gronde, et qu’une pluieabondante tombe oü fut l’ancien palaisdes rois de Lydie. Alexandre erat quele dieu lui-möme designait la place; ily fait bätir le temple. II laisse ä Pausa-nias, un des hetaires, la garde de lacitadelle, et ä Nicias le soin de repartiret de percevoir les tributs. II elablitAsandre gouverneur de la Lydie et dureste de la province, ä la place de Spi-thridate, avec le nombre d’hommes deirait et de chevaux necessaires pour lagarder.

Calas et Alexandre, fils d’OErope,furent eharges de conduire, dans lepays soumis ä Memnon, toutes les trou-pes du Peloponnese et des allies, ä l’ex-ception des Argiens qu’on laissa engarnison dans Sardes.

Cependant la nouvellc de cette vic-toire memorable s’etant repandue , lestroupes etrangeres en garnison äEpheseprennent la fuilesur deux triremes dontelles s’emparent; avec eux etait Amyn-tas, fils d’Antiochus, qui avait aban-donne la Macedoine et Alexandre, nonqu’il eüt ä s’en plaindre, mais parhaineparticuliere et par bauleur de sentimentqui n’en voulait rien souffrir.

Alexandre arriva le quatrieme jour äEphöse, ramenant avec lui ceux de sesPartisans qu’on avait bannis; et, ayantaboli l’oligarchie, retablit le gouverne-ment populaire. 11 assigna ä Diane lestributs que Ton payait aux Barbares.Affranchi de la crainte qu’inspiraientles oligarques, le peuple rechcrcne ämort ceux qui ont donne entree ä Mem-non, pille le temple de Diane, brise lastatue de Philippe dans son enceinte, etrenverse sur la place publique le tom-beau d’IIeropyte, qui avait rendu la li-berte ä Ephese. 11s arrachent du templeSyrphace, Pelagon son fils, ses ne-v e ux, et les lapident. Alexandre ernpe-

uv. J.

eba les reeberebes et les supplices des’etcndre; il prevoyait qu’abusant bien-töt de son pouvoir, le peuple le tourne-rait non-seulement contre les coupa-bles, mais contre les innocens, poursatisfaire sa vengeance ou son avidile.Et certes, parmi ics tilres d’Alexandreä la gloire, sa conduite ä fiphese ne futpas le moindre.

Sur ces entrefaites arrivent des de-putes de Magnösie et de Tralle, pouroffrir leurs villes ä Alexandre. Il y en-voie Parmenion avec deux mille cinqcents hommes d’infanterie etrangere,autant de Macedoniens et deux centscavaliers du corps des hetaires. II de-tache vers les villes de l’ßolieet de l’Io-nie, encore au pouvoir des Barbares,Alcimale, avec un pareil nombre detroupes, et l’ordre de delruire partout1'Oligarchie, de relever la democratie,de rendre aux peuples leur ancienneConstitution, et d’abolir les tributs qu’ilspayaient aux Barbares.

II s’arrete ä Ephese, sacrifieäDiane,et accompagne la pompe avec toutes sestroupes sous les armes, en ordre de ba-taille.

Le lendemain, il marche vers Miletavec le reste de l’infanterie, les hommesde trait, les Agriens, la cavalerie desThraces, le premier corps des hetaires,suivi de trois autres; il s’empare de laville exterieure abandonnee sans de-fense , y place son camp, resolu decerner la ville interieure par une cir-convallation. Ilegesistrate, qui com-mandait la place, avait d’abord ecrit äAlexandre pour la lui rendre; mais re-prenant eourage par l’arrivee de l’armeepersane qu’on annoncait, il ne pensaitplus qu’ä la garder aux Perses.

Cependant Nicanor, qui commandaitla flotte des Grecs, prevint les Perses,et trois jours avant qu’ils se presentas-sent. mouilla en l’ile de Lade, pres de