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Tome premier.
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AKRlliN,

bares, ne se moderait plus ä l’egarddes Macedoniens, se precipitc de sonsiege, suivi des officiers qui l’entou-raient, donne l’ordre d’arrfiter les cliefsde l’emeute, les designe lui-möme auxhypaspistes; (reize sont arreies et trai-nes sur-Ie-champ au supplice; la mul-titude epouvanlee se tait; il remonie äsa place, et Ieur parle eil ces lermes:

« Ce n’est poini pour vous retenir,Macedoniens : je vous ai laisses libresde partir; c’est pour vous rappeier loutce que vous avez contractu d’obligationsel le retour dont vous les avez payees,que je vous adresse la parole. Com-menpons, ainsi qu’il esl convenable,par Philippe, mon pere. Philippeayanttrouve vos hordes errantes , Sans asilefixe, denuees de lout, couvertes depeaux grossieres, faisant paitre dansles montagnes de miserables troupeauxque vous disputiez avec peu de succesaux Illyriens, aux Triballiens, auxThraces voisins, vous revetit de la ciiia-myde, vous fit descendre des monta-gnes dans la plaine, vous rendit, dansles combats, les emules des Barbares;formes par lui, volre courage vous de-fendit mieux que l’avantage des lieux.Mon pere vous appela dans les villesoü d’excellenles instilutions achcvürentde vous polir; il vous soumit ces meinesBarbares qui vous avaient faligues deleurs eternels ravages; d’esclaves vousdevintes leurs maitres; une gründe par-tie de la Thrace fut ajoutee ä la Mace-doine; on s’empara des places maritimesles plus importantes; votre commerces’ouvrit dcsvoies nouvelles; le produitde vos mineseii devinl plus assure. CesThessaliens qui vous faisaient tremblerfurent assujettis. L’echec des Phoceensvous ouvrit une route large el facile ausein de la Grece, oü vous ne penetriezque difficilement. La polilique desAtheniens et des Thebains, qui vous

uv. VII.

dressaient des embüches, fut tellementhumiliee, que ces deux peuples, dontl’un exigeait de vous un tribut, et dontl’autre vouseommandait, ont recherchedepuisvotre alliance et votre protection.Enlre dans le Peloponnese, Philippe yretablit l’equilibre; nomine generalis-sime de la Grece dans l’expedition con-tre les Perses, l’eclat de ce titre rejaillitmoins sur sa personne que sur la nationmacedonienne. Tels sont,ä volre egard,les bienfaits de mon pere; considera-bles sans doule mais inferieurs auxmiens.

« A la mort de Philippe, le tresorroyal, renfermant a peine quelques va-ses d’or et quelques talens, etait grevdd’une dette de cinq cents; j’en emprun-lai presque le double, et, vous tirant dela Maeedoine, qui pouvait a peine suf-fire ä votre subsistance, je vous ai ou*vert l’Hcllespont ä la vue des ennemismaitres de la mer. Les generaux deÜarius vaincus au Granique , la domi-nation macedonienne s’est ülendue surloule l’Ionie, l’jßonie, les deux Phry-gies et la Lydie. Un siege vous a rendumaitres de Milet; cette foule de peuplesqui se sont älors soumis volonlairemenlsont vos tributaires. Ainsi l’ßgypte etCyrene, la Ccelo-Syrie, la Palestine, laMesopotamie sont vos domaines ; Baby-lone, Bactres, Suse sont ä vous; l’opu-lence des Lydiens, les tresors des Per-ses , les ricnesses de l’Inde, l’Oceanmöme, tout vous appartient: vous diesles satrapes, les cliefs, les premiers.Qu’ai-je gurde pour moi de toutes cesconqufttes? Le sceptre , le diademe. Jen’ai rien en propre : quels sont niestresors? ceux que vous poss<5de£, ceuxque je vous reserve. Je ne me distittguepoint par des depenses personnelies;votre nourriture est la mienne ; je dorssous la tente eomme vous ; la lable dequelques officiers est meme plus spien-