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Tome cinqième.
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VIII
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Vlii AVAHT-PROFO».

rope, la France l’aurait empört^ debcaucoup sur l’Angleterre. Les sages,qui prdvoient lesefTets dans les causes,doiver.t ä temps s’opposer ü ces causesbi (iiaioetralement opposöc» ä leurs in-U'rf'ls. Qu’on nie permetw de m’ex-nliquer exactement sur cetle matteredclicate, que Ion n’a guere traiteedogmatiquement. 11 me parait clair etevident qu’un particulier doit ötre at-tache scrupulcusement ä sa parole ,l’eüt-il m6me donrtee inconsidörement.Si on lui manque, il peut recourir ä laprotection des lois; et, quoi qu’il enarrive, ce n’est qu’un individu quisoutfre; mais ä quels tribunaux un sou-verain prendra-t-il recours, si un au-tre prince viole envers lui ses engage-mens ? La parole d’un particulier n’en-traine que le malheur d’un seul homme,celle des souverains, des calamitds gd-ncrales pour des nations entteres. Cerise reduit ä cette question : vaut-ilmieux que le peuple perisse, ou que leprince rompe son traite? Quel seraitl’imbicille qui balancerait pour dtki-der cette question? Vousvoyez, parles cas que nous venons d’exposer,qu’avant ae porter un jugement döcisifsur les actions d’un prince, il faut com-mencer par examiner müremcnt lescirconstances ou il s’est trouvä, la con-duite de ses alltes, les ressources qu’ilpouvait avoir ou qui lui manquaientpour remplir ses engagemens; car,comme nous lavons dcjä dit, le bonou le mauvais etat des linances sontcomme le pouls des Etats, qui influentplus qu’on ue le croit, ni qu’on ne lesait, dans les opdations politiques etmilitaires. Le public, qui ignore ces dd-tails, ne juge que sur les apparences,et se trompe par cons^quent dans sesdicisions; la prudence empöche qu’onne le dösabuse, parce que ce serait lecomble de la demerxe d’ebruiter soi-

nteme, par vaine gloire, la partie fäl-ble de l’Etat. Les ennemis, charntesd’une pareiile döcouverte, ne manque-raient pas d’en profiter. La sagesseexige doncqu’on abandonne au publicla libcrtd de ses jugemens t&mdaireset que, ne pouvant sc justifier pendantsa vie sans compromeltre l’interöt del’Etat, l’on se contenle de se legitimeraux yeux desintdessd: de la postdite.

Peut-ötre ne sera-t-on pas föcheque j’ajoute quelques rdflexions g6n6-rales a ce que je viens de dire, sur lesdtenemens qui sont arrivc*s de rnontemps. J’ai vu que les petits Etats peu-vent se soutenir contre les plus gran-des monarchies, lorsque ces Etats ontde l’industrie etbeaucoup d’ordre dansleurs affaires. Je trouve que les plusgrands empires ne vont que par desabus, qu’ils sontremplis de cor.fusion ,et qu’ils ne se soutiennent que parleurs vastes ressources et par la forceintrinsbque de leur masse. Les intri-gucs qui se font dans ces cours per-draient des princes moins puissans;dies nuisent loujours, mais eiles n’em-pßchent pas que de nombreuses ar-mees ne conservent leur poids. J’ob-serve que toutes les guerres entreprisesloin des frontteres de ceux qui les en-treprennent, n’ont pas les ntemes suc-cös que celles qui se font ä portee dela patrie. Ne serait-ce pas par un Sen-timent naturel dans l’homme, qui sentqu’il est plus juste de se ddendre quede depouiller son voisin? Mais peut-6tre la raison physique l’emporte-t-ellesur la morale, par ia dilficulte de pour-voir aux vivres dans un trop granddoignement de la fronttere, ä fournirä temps les recrues, les remontes,les habillemens, les munitions deguerre, etc. Ajoutons encore que plusles troupes sont aventurees dans despays Vointains, plus eiles craignent