19
FREDE1UC 11.
Si de lä vous passez en Su&de, vousne trouverez rien de commun entreces deux royaumes, sinon l’avidite detirer des subsides. Le gouvernementsuedois est un melange d’aristocratie,de ddmocratie et du gouvernementinonarchique, entre lesquels les deuxPremiers genres prevalent. La dietegendrale des Etats se rassemble tousles trois ans. On 6Iit un mardchal, le-quel a la plus grande influence dansles d61ibdrations. Si les voix sont par-tagdes, le roi, qiii en a deux, decidede l’affaire; il choisit, sur trois candi-dats qu’on lui propose, celuf qu’il veutpour remplir les places vatantes. Ladidte elit un comite secret, compose decent membres tires des ordres de la no-blesse, du clerge, des bourgeois et despaysans; il examine la conduite que leroi et le sdnat ont tenue dans l’inter-valle des di&tes, et il donne au sdnat desinstructions qui embrassent les ali'airesinterieures comme les dtrangeres. Lareine Ulrique, soeur de Charles XII ,avait remis les rdnes du gouvernemententre les mains de son epoux Fredericde Hesse. Ce nouveau roi respectascrupuleusement les droits de la na-tion; il considdrait son poste a peuprds comme un vieux lieutenant-colo-nel invalide regarde un petit gouver-nement qui lui procure une retraitehonorable. Avant d’epouser la reineUlrique, ce prince perdit la balaille deMont-Cassel, en Lombardie , pour don-ner a son pere, qui se trouvait dansson armee, le spectacle d’un combat.Le comte Oxenstiern avait dtd chance-lier du royaume, il fut deplacd par lecomte de Gillenbourg. Ce comte s’ctaitatlache les officiers, ce qui lui donnaitun parti considerable en Suede ; il desi-rait la guerre, se flattant de relever sanation par quelque conquöte. LaFrance ddsirait encore plus de se ser-
vir des Suedois, esperant abaisser pareux la fierte russienne, et venger ain-si les afFronts que son ambassadeurMonti, fait prisonnier ä Dantzick, avaitessuyes ä Pötersbourg; dans cette vuela France payait a la Suede un subsideannuel de trois cent mille ecus, quine l’engageait cependant ä aueunehostilitd.
La Suede n’etait plus ce qu’elle avaitete autrefois. Les neuf dernieres an-nees du regne de Charles XII avaientete signalees par des rnalheurs. Ceroyaume avait perdu la Livonie , ungrand morceau de la Pomeranie et lesduches de Breme et de Verden . Ce de-membrement la privait de revenus, desoldats et de graius que precedemrnenteile rctirait de ces provinces : la Livo-nie etait son magüsin d’abondance.Quoäque la Suede ne contienne qu’en-viron deux millions d’Ames, son solsterile et quantite de montagries ari-des, dont eile est couverte, ne lui feur-nissaient pas meme de quoi nourrircette faible population; la cession dela Livonie la reduisit aux abois. LesSuedois reveraient cependant (quel-que malheur qui leur fut arrive) lamemoire de Charles XII ; et, par unesuite assez ordinaire des contradictionsde l’esprit humain, ils l’outragerentapres sa mort en punissant Goertz dudernier supplice, comme si le mi-nist re etait coupable des fautes de sonmailre.
Los revenus de ce royaume mon-taient environ ä quatre millions d’e-cus ; il n’entretenait que sept millehommes de troupes reglees, et trente-trois mille de milice etaient payes d’unfonds different. On avait donne, dutemps de Charles XI , des terres ä cul-tiver ä ce nombre de paysans qui,en möme temps militaires, etaientobliges de s’assembler le dimanche