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Tome cinqième.
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frSd&uc II.

•iers ä l’Europe entiere. Anne Iwa-nowna (1), nibce de Pierre l ar , gouver-nait alors ce vaste empire; eile avaitsucctidd ä Pierre II , fils du premierempereur. Le rägne d’Anne fut mar-quö par une foule d’dvenemens me-morables; et, par quelques gTandshommes dont eile eut l’habilcte de seservir, ses armes donnärent un roi ä laPologne . Elle envoya au secours (2)de l’empereur Charles VI dix milleKusses au bord du Rhin , pays oü cettenation avait etd peu connue. Laguerre qu’elle flt aux l’urcs fut uncours de prosperites et de triomphes;et lorsque l’empereur Charles VI en-voyait solliciter la paix jusqu’au campdes Turcs, eile dictait des lois a l’em-pire ottoman . Elle protdgea les Scien-ces dans sa rösidence; eile envoyamöme des savans au Kamtschatka , pourtrouver une route plus abrägße qui fa-vorisät le commerce des Moscovitesavec les Chinois. Cette princesse avaitdes qualites qui la rendaient digne durang qu’elle occupait; eile avait de 1’6-l6vatiori dans l’äme, de la fermete dtnsl’esprit; liberale dans ses recompenses;severe dans ses chätimens; bonne partemperament; voluptueuse sans de-sordre.

Elle avait fait duc de Courlande Bi-ron, son favori et son ministre. Lesgentilshommes, ses compatriotes, luidisputaient jusqu’ä l’onciennete de sanoblesse. II 6tait le seul qui eüt unascendant marque sur l’esprit de l’im-p6ratrice; de son naturel, vain, gros-sier et cruel, mais ferme dans les af-faires , ne se refusant point aux en-treprises les plus vastes. Son ambitionvoulait porter le nom de sa maitressejusqu’au bout du monde; d’ailleurs

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( 2 ) 1735

aussi avare pouramasser que prodfeueen ses däpenses; ayant quelques qua-lites utiles, sans en avoir de bonnes md’agreables. L’experieuce avait forme,sous le regne de Pierre I er , un hommefait pour soutenir le poids du gouver-nement sous les successeurs de ceprince : c’ötait le comte d’Ostermann.II conduisit en pilote habile, pendantl’orage des revolutions, le gouvernailde l’Etat d’une main toujours süre. II£tait originaire du comte de la Marek,en Westphalie , d’une extraction obs-cure; mais les talens sont distribuespar la nature sans ägard aux gendalo-gies. Ce .ministre connaissait la Mos-covie comme Vemey le corps hu-main; circonspect ou hardi, selon quele demandaient les circonstances, etrenonQant aux intrigues de la courpour se conserver la direction des af-faires. On comptait, outre le comte Os-termann, le comte Loewenwolde et levieux comte Golowkin au nombre desministres dont la Russie pouvait tirerparti. Le comte de Munich , qui, duService de Saxe avait pass6 ä celui dePierre I er , etait ä la tote de l’armderusse : c’etait le prince Eugene desMoscovites. II avait les vertus et lesvicesdes grands generaux : habile, en-treprenaut, heureux, mais fier, su-perbe, ambitieux, quelquefois trop des-potique, et sacrifiant la vie de sessoldatsä sa r^putation. Lascy, Keith,Lcewendahl et d’autres habiles gänd-raux se formaient dans son 6cole Legouvernement entretenait alors dixmille hommes de gardes, Cent batail-lons, qui faisaient le nombre de soixantemille hommes, vingt mille dragons,deux mille cuirassiers, ce qui montaitau nombre de quatre-vingt-douze millehommes de troupes rögläes, trentemille de milice et autant de Cosaques ,de Tartares et de Calmouks qu’on pon-