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FREDERIC II.
moeurs qui en sont une suite. Tout avaitaugmente, les habitans, les equipages,lesmeubles, les livrees, les carrossesetla somptuosite des tables. Ce qu’on voitde belle architecture dans le Nord,date environ du mbme temps. Le chü-teau et l’arsenal de Berlin , la chancel-lerie de l’empire, et l’öglise de Saint-lean-Boromee, h Vienne, le cMteaudeNymphenbourg en Baviöre, le pont deDresde , et le palais chinois de cetteville, le ohäteau de l’blecteur ä Man-heim , le palais du duc de Würtem-berg, ä Louisbourg; tous ces edifices,quoiqu’ils n’egalent pas ceux d’Athe-nes et de Rome , sont pourtant supe-rieurs ä l’architecture gothique de nosancfetres. Dans les temps passes, lescours d’Allemagne paraissaient destemples oü l’on celebrail des baccha-nales; actuellement cette debauche,indigne delabonne socibte, a ütü rele-guee en Pologne , ou bien est deve-nue l’amusement de la populace. 11 estencore quelques cours ecclüsiastiquesoü levin console les prütres d’une pas-sion plus aimable ä laquelle ils sontobligüs de renoncer par etat.. Autrefoisil n’ütait point de cour d’Allemagne qui ne füt remplie de bouffons: lagrossere te de leurs plaisanteries sup-plüait a l’ignorance des convies, et Tonentendait dire des sottises, faute depouvoir dire de bonnes choses. Cetusage, qui est l’opprobre eternel dubon sens, a eteaboli, et il n’y a que lacour d’Auguste II, roi de Pologne etolecteur de Saxe , oü il se conservaitencore. Le ceremonial dans lequel1’imbücillitü de nos ai'eux plaga jadis laScience des souverains, parait essuyerun sort egal ä celui des bouffons : l’e-tiquette souffre journellement des bre-ehes; quelques cours l’ontentierementabolie. Cependant la cour de l’empe-reur Charles VI fit exception ä la rl>-
gle : il etait trop zel/- soctateur des for-mules de l’ütiquette de Bourgogne pourles abolir; il avait m£me dans sa der-ni^re maladie, peu de momens avantsa fin, ordonnö les messes et les heu-res pour l’appareil de sa pompe funb-bre, et nommü les personnes qui de-vaient porter scn coeur dans un etuid’or ä je ne sais quel couvent. Lescourtisans admiraient sa grandeur etsa dignitü: les sageS blämaient son or-gueil, qui semblait lui survivre.
Remarquons surtout que par un ef-fet de l’argent re pan du en Allemagne ,et qui etait assuremerit le triple de celuides temps anterieurs, non seulementle luxe avait double, mais le nombredes troupes que les souverains entrete-naient, avait augmente a proportiou.A peine I’empereurFerdinand I er avait-il entretenu trente mille hommes.Charles VI en avait soudoye dans laguerre de 1733 cent soixante-dix mille,sans fouler ses peuples. Louis XIII avaiteu soixante mille soldats. Louis XIV enentretint deux Cent vingt mille et jus-qu’ä trois cent soixante mille durant laguerre de succession. Depuis cette 6po-que, tous, jusqu’au plus petit princed’Allemagne , avaient augmente leuretat militaire. C'etait par esprit d’imi-tation; car dans la guerre de 1683,Louis XIV Ieva le plus de troupes qu’ilput, pour avoir une superiorite düci-düe sur ceux qu'il voulait combattre :il ne fit aucune reforme apres la paix;ce qui forpa l’empereur et les princesd’Allemagne ä garder sur piedautant desoldats qu’ils en pouvaient payer. Cettecoutume une fois etablie se perpetuadans la suite. Les guerres en devinrentbeaucoup plus coüteuses; la depensedes magasins fut immense, pour entre-tenir ces cavaleries nombreuses et lesrassembler en quartiers de cantonne-ment avant l’ouverture de la campa-