H1ST0CRE 1)E MON TEMPS.
mt-re de l’empereur Iwan, se trow- ;vait, eile et son fils, sous la tuteile duduc de Courlande , auquel l’imperatriceAnne, en mourant, avait confid l’ad-ministration de l’empire. Cette prin-cesse pensait qu’il etait au-dessous desa naissance d’obdir ä un autre eileerut que la tuteile lui eonvenait plusen qualite de mere qu’ä Biron, quin’ötait ni Russe ni parent de l’empe-reur. Elle employa habilement le ma-röchal Munich, dont eile mit l’ambi-tion en jeu. Biron fut arröte, puis exileau fond delaSibörie, etla princessedeMecklenbourg s’empara du gouverne-ment. Ce changement paraissait avanta-geux ä la Prusse; car Biron son ennemifut exile, et le mari de laregente, An-toine de Brunswick, etait beau-frere duroi. La princesse de Mecklenbourg joi-gnait ä de l’esprit to us les caprices et tousles ddfauts d’une femme mal elevee;son mari, faible, sans g6nie, n’avait dem6i ite qu’une valeur distincte. Munich ,le mobile de leur 616vation, le vrai he-ros de la Russie , (Hait en m6me tempsle depositaire de l’autorite souveraine.Sous le pretexte de cette rcvolution, leroi envoya le baron de Winterfield enambassade en Russie , pour feliciter leprince de Brunswick et son epouse del’heureux sueces de cette entreprise. Levrai motif,l’objet cachd de cette mis-sion, 6tait de gagner Munich , beau-pfere de Winterfield, et de le rendrefavorable aux desseins qu’on 6tait surle point d’exßcuter, ä quoi Winterfieldröussit aussi heureusement qu’on lepouvait dfeirer.
Quelque pröcaution que l’on prit äBerlin pour eacher l’expedition quel’on möditait, il ritait impossible defaire des magasins, de preparer du Ca-non et de mouvoir des troupes inco-gnito ; dejä le public se doutait dequelque entreprise M. Damrath , en-
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voy6 de l’enmereiir ä Berlin . avertit sacour qu’un orage la menacai t, et qu’ilpourrait bien fondre sur la Silesie . Leconseil de la reine lui r^pondit deVienne : « Nous ne voulons ni ne pou-vons ajouter foi aux nonvelles quevous nous mandez. » On envoya pour-tant le marquisde Botta ä Berlin , pourcomplimenter le roi sur son avenementau tröne, mais plus encore pour jugersi Damrath avait donne de faussesalarmes. Le marquis de Botta, fin etpönötrant, s’apercut d’abord de quoiil 6tait question, et aprös avoir fait, lejour de son audience, les complimensd’usage, il s’etendit sur les incommo-dites de la route qu’il avait faite ets’appesantit un peu sur les mauvaischemins de la Silesie , que les inonda-tions avaient tellement rompus, qu’ils6taient devenus impraticables. Le roine fit pas semblant de le comprendre,et repondit que le pis qui püt arriverä ceux qui auraient ces chemins ä tra-verser, serait d’ßtre des voyageurscrott^s.
Quoique le roi füt fermement döter-mine dans le parti qu’il avait pris, iljugea qu’il 4tait cependant convenablede faire des tentatives d’accommode-ment avec la cour de Vienne. Danscette vue, le comte de Götter y futenvoye. Il devait d6clarer ä la reine deHongrie : qu’en cas qu’elle voulüt faireraison des droits que le roi avait sur laSilesie , ce prince lui offrait son assis-tance contre les ennemis ouverts ousecrets qui voudraient demembrer lasuccession de Charles VI , et sa voix ala di^te de l’äection imperiale au grandduc de Toscane . Comme il 4tait ä sup-poser que ces offres seraient rejetees,dans ce cas le comte de Götter 6tait au-torise ä declarer la guerre ä la reine deHongrie . L’armee fut plus diligenleque cette ambassade; eile entra en Si-