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Tome cinqième.
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HISTOIRE DE MON TEMPS.

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faisaient agir ainsi ötaient en grandepartie une haine inveteree qu’il por-tait ä la France . II avait servi dans sajeunesse contre eette puissance; il s’e-tait trouve ä la bataille d’Oudenarde ,ou 0 avait Charge ä la tete d’un esca-dron hanovrien, en donnant des mar-ques d’une valeur distinguee; il ambi-tionnait de se trouver a la töte des ar-mees pour jouir de la gloire des heros.L’occasion s’en presen tait, il avait destroupes en Flandre ; en se declarantponr la reine, en passant la mer, per-sonne ne pouvait lui disputer le com-mandement de ses troupes; de plus, ilallalt augmenter son tresor de llano-vre par les subsides que les Anglais luipaieraient pour ses Hanovriens. Quantä lord Carteret, il avait besoin de laguerre, afin de se soutenir auprös deson maitre et aupres de la nation an-glaise. Le commerce de ces insulairesötaitgöne depuis qu’ils ötaient en guer-re avec l’Espagne : pour qu’un grandeoup decidät ces affaires de commerce,il fallait le frapper sur terre et en Eu-rope. La France passait pour ä-demiruinee par les efforts qu’elle avait faitspour soutenir la Baviere et la Bohöme;eile etait l’alliee de l’Espagne ; en af-faiblissant l’une de ces puissances, onalfaiblissait l’autre. Il fallait donc bat-tre les Frangais, soit en Ailemagne,soit en Flandre , pour gagner sur merune superiorite qui put produire unavantage reel au commerce de l’An-gleterre. Le roi, son ministre et la na-tion tendant au möme but, quoiquepar des vues differentes, il fut resolud’envoyer au coeur de l’Allemagne lestroupes anglaises, hanovriennes etlies-soises qui se trouvaient en Flandre .Autant ce projet pouvait convenir auroi d’Angleterre, autant convenait-ilpeu au roi de Prusse; il ne devait paspeidre de vue cet equilibre politique

que, pendant la guerre möme, SOü in-teröt l’obligeait de maintcnir entre lespuissances belligerantes. Si la maisond’Autriche gagnait une supörioritö dö-cidee dans l’empire sur la maison deBaviere , la Prusse perdait son influen-ce dans les affaires generales; il fallaitdonc empöcher que le roi d’Angleterreet la reine de Hongrie , aveugles parles sueces auxquels ils devaient s’alten-dre, ne detrönassent l’empereur. Lavoie des representations ötait la seulequi convint au roi de Prusse; et, seservant des argumens que peut em-ployer un prince allemand, zelö poursa patrie et pour la libertö du corpsgermanique, il conjura le roi d’Angle-terre de ne pas rendre, sans des rai-sons trös importantes, l’empire thöä-tre d’une guerre qui etait prös de s’al-lumer, et de se Souvenir qu’il n’estpoint permis ä un membre du corpsgermanique d’introduire, sans la sanc-tion de la diete, des troupes ötrangöresdans sa patrie. C’etait tout ce que ceprince pouvait faire dans les conjonc-tures oü il se trouvait. Il ne devaitpas compter sur la France , qu’il avaitiridisposee contre lui par la paix deBreslau ; il ne pouvait se brouiller avecles Anglais , qui etaient les seuls ga-rans qu’il eüt de cette paix. Les chosesn’en ötaient pas venues ä une extrömi-tö assez grande pour replonger ses Etatsdans une nouvelle guerre; il fallaitdonc se contenter de la promesse duroi d’Angleterre, qui s’engagea de nerien entreprendre, ni contre la dignitede l’empereur, ni contre ses Etats pa-trimoniaux.

Ce n’etait pas avec les Anglais seulsqu’on nögociait. Le roi avait entameune autre afiaire a Petersbourg etpour des inlerets qui le touchaient plusdirectement; il s’agissait d’obtenir derimpeiratrice de Russie la garantie du