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Tome cinqième.
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126 V (ti'DERIC U.

Les troupes franeaises n’avaient pointvu de roi ä ieur töte depuis queLouis XIY avait cesse d’y paraitre.Quelques campagnes malheureusesavaient d6courag6 les armees; on crutque la presence du maitre seraft leseul aiguillon capable de r^veiller dansles troupes l’instinct de l’honneur etde la gloire. Une femme, par amourpour la patrie, entreprit de tirerLouis XY de la vie oisive qu’il menait,pour l’envoyer commander ses armees;eile sacrifia a la France les interets deson cceur et de sa fortuue : c’dtaitM me de CMteauroux. Elle parla avectaut de force, eile exhorta, eile pressasi vivement le roi, que le voyage deFlandre fut resolu. Une action aussigenereuse et möme höroique merited’autant plus de trouver place dans lesfastes de l’histoire, que les maitressesqui l’ont precödee n’ont employe leurcredit que pour le malheur du royau-me. Louis XV ouvrit la Campagne enFlandre par le siege de Menin . Legouverneur de la place, peu vers6 dansson metier, la rendit apres une lagererfeistance. Immediatement apres, lesFrancais entreprirent le siege d’Ypres ,qui, quoique mieux defendue, essuyale me me destin. La force des armesfrangaises consiste dans les sieges; ilsont les plus habiles ingönieurs de l’Eu-rope; Uartillerie nombreuse qu’ils em-ploient dans leurs operations, les as-sure de la reussite de leurs entreprises.Le Braoant et la Flandre sont le the4-tre de leurs expioits, parce qtfils y’peuvent etaler tout l’art de leurs ing6-nieurs. Quantite de canaux et de ri-vieres facilitent le transport des mu-nitions de guerre, et ils ont leurs fron-tieres ä dos. Us reussissent mieux dansla guerre de sieges que dans celle deCampagne.

Mais revenons aus allies que nous

avons quittes pour un t.emps. Les trou-pes que le roi d’Angleterre avait com-mand^es l’annee prec6dente avaienihivernö, comme nous l’avons dit, dansle Brabant et en Westphalie . Lestroupes du prinee de Lorraine avaientpris leurs quartiers d’hiver dans leBrisgau et dans la Baviöre. Le mare-chal de Coigni commandait en Alsace .Les debris des troupes imperialesetaient distribues chez des amis del’empereur, la plupart cependant auxenvirons d’Oetlingen. La cour de Vien-ne perdit cet hiver le marechal deKhevenhüller; la reine de Hongrie honora sa memoire de quelques lar-mes. Le marechal Traun le remnlaga,et recut le commandement de la gran-de armee, qui portaitle nom du prineede Lorraine , mais dont en eflfet il etaitle chef. Comme ce prinee de Lorraine jouera un grand röle dans cette his-toire, nous croybns qu’il ne sera pasinulile de le faire connaitre. II etaitbrave, aime des troupes, possiedaitbienle detail des vivres, etait peut-etretrop facile ä suivre les impresisions queses favoris lui donnaient; se livrantaux charmes de la societe, il passaitpour boire quelquefois avec exces. Ceprinee epousa 4 Vienne l’archiduchesseMarianne, soeur cadette de la reine; ilconduisit sa nouvelle epouse dans leBrabant, dont on l’avait fait gouver-neur ; apres quoi il revint a Vienne re-cevoir les ordres de la cour pour laCampagne qui allait s’ouvrir. Le des-sein des Autrichiens etait de repren-dre la Lorraine , et de porter l’empe-reur ä l’abdication de l’empire, pourrecouvrer par ce sacrifice ses pays h4-reditaires. Leur armee s’assembla äHeilbrunn; de lä eile s’avanga surPhilipsbourg, ou Seckendorfif s’etaitrefugie avec les debris des troupes ba-varoises. A la nouvelle de l’approche