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Tome cinqième.
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FRED^RIC 11

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ter que quelques corps autrichienscommengaient ä se dßployer vis-ä-visdu flanc droit du camp. Sur ces nou-velles, Ies troupes regurent ordre deprendre incessamment les armes, etle foi se rendit aupres des grandesgardes, pour juger, par ses propresyeux, de l’etat des choses et du partiqu’il y avait ä prendre. II faut, pourse faire une juste idöe de la bataillede Sorr, se representer exactement leterrain sur lequel eile se donna. Dansla position oü etait l’armde avant labataille. sa droite appuyait ä un petitbois gard6 par un bataillon de grena-diers; le village de Burckersdorf setrouvait sur le flanc droit, venant dePrfisenitz au chemin de Trautenau ; iln’dtait point occupö, parce qu’il estSituö dans un fond et que les maisonsen sont isofdes. Ce fond-bas regnaitdepuis le front jusqu’ä l'extremite deln droite, et sdparait le camp d’unehauteur assez dlevee, qui s’dtendait duchcminde Burckersdorf äPrüsenitz, etsur laqaelle on avait place les hussardset les gardes du camp. Le front del’armee dtait couvert par le village deStaudentz, au-delä duquel rdgnaientdes montagnes et des bois qui te-naient au royaume de Silva. La gau-che de la petite armde etait appuyde hun ravin impraticable. Deux cheminsmeuaicnt du camp b Trautenau : l’unpar la droite du camp, laissantBurckers-dorf ä gauchc, passait par un petit dd-flld. et cor.duisait ensuite, par uneplaine unie, ä Trautenau ; l’autre par-tait de la gauche de l’armde, passaitpar une rat!6e pleine de defilds et parle village de Rudersdorf , menant aTrautenau plutöt par des sentiers quepar une route baltne. Lorsque le roiarriva ä ses grandes gardes, il vit queles Autrichiens commengaient a seförmer, et il jugea qu’tl serait plus td-

mdraire de se retirer a travers des dd-files, devant une armde qu’il avait sipres de lui, que de l'attaquer malgrdla prodigieuse infdrioritd du nombre.Le prinee de Lorraine avait biencompte que le roi prendrait le partide la retraite, et c’etait sur quoi ilavait fait sa disposition; il voulait en-gager une affaire d’arriere-garde, et ilest certain que celle-lä lui aurait reus-si. Mais le roi prit, sans balancer, leparti de l’attaquer, parce qu’il auraitdtd plus glorieux d’dlre ecrasd en ven-dant cherement sa vie, que de pdrirdans une retraite qui aurait assurd-ment ddgdnerd en, fuite ignomi-nieuse.

Quelque danger qu’11 y ait ä manoeu-vrer en prdsence d’un ennemi dejäränge en bataille, les Prussiens passd-rent par-dessus ces rfegles, et firentun quart de conversion ä droite pourpresenter un front parallele ä celui dei’ennemi. Cette manceuvre ddlicate sefit avec un ordre et une cdlerite in-coneevables; mais les Prussiens ne seprdsenterent que sur une ligne vis-ä-vis des Autrichiens, qui dtaient surtrois lignes de profondeur; il fallutmdme que ce deploiement s’executätsous le fcu de vingt-huik pieces de Ca-non, que les ennemis avaient disposeesen deux batteries, et d’un bon nombrede grenades royales qu’ils jetaientparmi la cavalerie. Mais rien ne de-concerta les Prussiens: aucun Soldatne parut craindre, aucun no quittason rang. Quelque diligence que Tonempfoyät ä se former ainsi, la droitefut exposde pres d’une demi heure aucanon de l’ennemi, avant que la gau-che fut cntierement sortie du camp.Alors le mareehal de Buddenbrock re-gut ordre d attaquer avec la cavalerie;ce qn’il executa sans balancer. Le ter-rain des Autrichiens Atait mal choisi;