Band 
Tome cinqième.
Seite
188
JPEG-Download
 

288

FREDERU, II.

CHAPITRE XIII.

Revolution d'Ecosse, qui fait quitter Hanovre au roi d’Angleierre et rallenlit les n^gocia-tions de la pai». — Dessein des Aulrichienset des Saxons sur le Brandebourg ddcouvert.— Contradietions dans le conseil des minis-tres. — Frojets de Campagne. — Le princed’Anhalt rassemble son armde a Halle. —Leroi pari pour la Silesie — Expedition de laLusace . — Le prince d’Anhalt marehe äMeissen. — Bataille de Kesselsdorf. — Prisede Dresde . — Ndgociation et conclusion dela paix.

Si pendant l’annde 1745 les nego-eiations des Prussiens eussent eu autantde succös que leurs armes, ils auraientpu s’epargner aussi bien qu’a leurs en-nemis une effusion de sang inutile, etl’on aurait eu la paix plutöt; mais plu-sieurs incidens auxquels on ne pouvaits’attendre, rendirent les bonnes inten-tions du roi impuissantes. A peine leroi d’Angleterre eut-il signö, presquemalgr4 lui, la convention de Hanovre ,que la rdbellion d’Ecosse venant ä Ma-ter, eile l’obligea de Mter plus qu’iln’aurait voulu, son retour ä Londres .Un jeune homme, fils du prötendant,passe furtivement en Ecosse , accom-pagnd de quelques personnes fideles; ilse tient cach6 dans une ile vers le norddes cötes, pour donner 4 ses partisansle temps d’assembler et d’armer leurspaysans, d’ameuter les montagnards etde former une milice qui füt au moins1’ombrc d’une armee. Par cette diver-sion la France armait l’Angleterre con-tre l’Angleterre; un enfant, debarqueen Ecosse sans troupes et sans secours,force le roi Georges 4 rappeier ses An-glais qui defendaient la Flandre, poursoutenir son tröne ebranle. La France se conduisif aagement dans ce projet,eile dut i cette diversion toutes lesconquötes qu’elle fit depuis en Flandrecomme en Brabant. Au commence-

menl le roi d’Angleterre et ses minis-tres mepriserent le jeune Edouard, sonfaible parti et cette rebellion naissante.On disait ä Londres que c’dtait la sail-lie d’un prötre Jacobite (le CardinalTencin), et l’equipde d’un jeunefitourdi. Gependant ce jeune dtourdibattit at chassa le gendral Cop, que legouvernement avait envove conlre luiavec ce qu’on avait pu en h4te ras-sembler de troupes. Cet echec ouvritles yeux aux roi; il lui apprit que dansun gouvernement aristocratique uncdtincelie peut allumer un incendie. Lesaffaires de l’Eeosse absorbbrent toutel’attention de son conseil : les n4go-ciations dtrangeres tomberent en lan-gueur; les allies de l’Angleterre lacroyant aux abois, n’eurent plus poureile la mfime considdration. Ce qu’il yavait de fächeux, c’est que la convention de Hanovre commenf.ait 4 trans-pirer; les Autrichiens et les Saxons l’a-vaient 6bruit6e, cela pouvait produireun mauvais effet cliez les Francais , quidtaient cependant les seuls allies qu’eütla Prusse. Il arriva donc que la diver-sion que le jeune Edouard faisait enEcosse , en devint une pour la reine deHongrie , en ce qu’elle lui procura lalibertd de faire contre le roi de Prusseles derniers efforts, malgre le roi d’An-gleterre, dont alors ä Vienne on me-prisait les conseils.

Le roi, qui se trouvait, 4 Berlin ,epuisait tous les expddiens pour trou-ver des fonds qui le missent en etatde continuer la guerre. Les revenusde la Sildsie ne s’ötaient pas percuscomme en temps de paix, les deuxtiers en avaient manque II fallaitchercher des ressources, et il i'-taitbien difficile de s’en procurer. Cet em-barras etait grand; les dangers que lesennemis preparaient 4 l’Etst 4taientbien plus terribles. Voicj comment le