HISTOIRK DB MON TEMI'S.
201
suivre les Prussiens; il se mit doncdevant ses batteries, qc’il empechaitde tirer. Le prince dAnhalt prolita dece moment, et ordonna au colorielLuderitz , qui commandaitles dragons,de charg^r. Gelui-ci fondit alors avecimpetuosite sur les Sasons; tout cequi resist». fut pass6 au fil de l’epee; lereste fut pris. L’infanterie s’emparaen möme timps du village, y entra detous les c6t£s, et prit la batterie quiavait rendu ce poste si formidable. Legeneral Lehwald mitle comble a cettevictoire, en obligeant toutes les trou-pes qui avaient d6fendu le village ämettre bas les armes. Le prince d’An-halt profita de ce premier succ&s enhabile capitaine; il gagna aussilöt leflanc gauche de l’ennemi. La cavaleriede sa droite renversa d’un seul clioc lacavalerie saxonne, et la dissipa de ma-niöre qu’elle ne put se rallier. Toutprit la fuite avec assez de promptitudepour 6chapper ä des troupes accoutu-m6es ä conserver l’ordre et ä ne poinlse d^bander. La gauche des Prussiens,sous les ordres du prince Maurice, secanonnaavec l’ennemi, jusqu’ä ce quele village de Kesselsdorf füt empörte;mais impatiente alors d’avoir part ä lagloire de cette journ6e, eile marchaaux Saxons en bravant tous les obsta-cles; des rochers ä gravir, des neigesqui rendaient le terrain glissant, la dif-ficult6 d'assaillir et de forcer les enne-mis qui combattaient pour leurs foyers,tout cela fut entrepris, et tout c6da aucourage des vainqueurs. Les Saxons etles Autrichiens furent chass6s des ro-chers v< arpes de Benerich. Les Prus -I siens le purent conserver ni l’ordredes batailiCNs ni m6me des pelotonsformes, tant ces hauteurs qu’ils esca-ladaient 6taient escarp4es; la cavale-rie ennemie les attaqua ainsi disperses.H est certain que si les Saxons avaient
et6 valeureux , i intmiterie prussieuneaurait etö taillee en piöces; mais cettecavalerie attaqua si mollement et fut simal soutenue, qu’aprös quelques d6-charges que les Prussiens firent sureile , eile disparut et cöda le champ debataille aux vainqueurs. La cavaleriede la gauche des Prussiens n’avait puagir pendant tout le combat, a causedes pr4cipices impraticables qui la sö-paraient des ennemis ; le prince d’An-halt l’envoya ä la poursuite des fuyards,sur lesquels M. de Gesler fit encoreun bon nombre de prisonniers. Leprince d’Anhalt donna dans cette ac-tion de grandes marques de son ex-pörience et de sa capacitö. Les g6n6-raux, les officiers, les soldats, tous s’ydistinguerent: leur succös justifia leurt6m£rit6. Du c6t6 des Saxons, il restatrois mille morts sur la place; on fitprisonniers deux cent quinze officierset six mille cinq cents soldats; ils per-dirent, de plus, cinq drapeaux, troisötendards, une paire de timbales etquarante-huit canons. Les Prussienseurent quarante-un officiers et seizecent vingt-un soldats tu&s, et le doublede blessds.
Si nous examinons les fautes com-mises des deux parts dans cette ba-taille , nous trouvons premiürementque le comte de Rutowsky n’avaitpensc 1 dans son poste qu’ä la sürete desa droite ; la gauche «Stait en l’air, etl’on pouvait tourner le village de Kes-selsdorf. Si les Prussiens avaient pluspris par leur droite, le prince d’Anhaltaurait pu tourner entiörement le vil-lage et l’emporter ä moins de frais;mais il ne faisait que d’arriver, etn’ayant pas eu le temps de reconnai-tre le terrain, cela seul suffit pour luiservir d’excuse. La plus grande fautedes Saxons fut sans doute de sortir duvil|age; rar ils emp£chfcrent leur pro*