254 INSTRUCTION MILITA1RB
Si l’ennemi eommence ä fuir, le groslanon avanccra, pour faire encore(uelques decharges, et pour lui souliai-ler bon voyage.
A chaque piCce en premiere ligne,B faut qu’il y ait six canohniers et troistharpentiers des regimens. J’ai öubliejle dire qu’a trois cent cinquante pas,le canon commencera ä tirer k cartou-rhes.
Mais k quoi servira l’art de vaincre,si vous ne savez pas profiter de votreavantage? RCpandre le sang de sessoldats inutilement, c’est les menerinhumainement ä la boucherie; et hepas poursuivre i’ennemi dans de cer-taines occasions, pour augmenler sapeur ou faire plus de prisonniers, c’estremettre auhasard tlne affaire qui viehtd’Ctre decidCe. Cependant le dCfantdes subsistances et les grandes fatigüespeuvent vous empecher de poursuivreles vaincus,
C’est la faute du gCnCral en chefquand il manque de vivres. Lorsqu’ildonne une bataille, il a du, apres avoircönfu et muri son plan, prevoir toutpour son exCcution; il fallt donc seprocurer du pain ou du bisetut pourhuit ou dix jours. Quant aux fatigües,si elles n’ont pas Ctd excessives, il fau-drä dans des occasiohs extraordinairesfaire aussi des choses extraordinaires.
Aprils une victoire remportec, jeVeux qü’on fasse un detachement desregimens qui ont le plus souffert, püisqu’on ait soin des blesses, et qü'on lesfasse transporter aux höpitauX qü’onaura dejä Ctablis. On eommence parsoigner ses blesses, Sans oublier ce quel’on doit a l’ennemi.
En attendant, l’arhiCe pöüfsuivrajusqu’aU premier dMe fönnemi qui,dans la premiere cöhsternation, netiendra pas, pourVu qü'on ne lui donhepas le temps de reSpirer.
Quand vous aürez pourvli ä töüteschoses, vous ferez marquei le camp;mais il faüt que cela se fasse dans lesrögies, Sans se laisser endormir par lasdcurite.
Si la victoire a CtC coiftplöte, Onpoürra faire des detachertiehS, soitpour couper la retraite ä l'ennemi, soitpour lui enlever Ses magUsirts, oüpourasSieger trois ou quatre VilleS ä lafois.
Je ne püis donner que des rCgles ge-nerales sur cet article, il faüdra se gui-der sür les evenemehs; il ne faüt ja-mais s’imaginer avoir toüt fait, tantqü’il y a encore qüelque chöse k faire;et i! ne faut pas croire non plus qu’ünennemi un peu habile maüque de pro-titer de vos fautes, quoiqu’il ait &tevaineü.
Les regles qu’on a k obsetver dansun jour de bataille, sortt les meinespour les petils combats entre les d6ta-chemerts.
Si les detachemehs Sävent se mena-ger m£me un faible secOurS, qui, pen-dant le combat, Vienne les joindre,l’affaire se terittinera ordinairement enleur faveur; car l’ennethi, voyaüt atri-ver du secoürs, le croira trois fois plusfort qü’il ne fest eh realilC, et perdraCourage.
Lorsqüe nötre infanterie h’a affaireqü’ä deshussards, eile se metquclqüe-fois sur deux rangs, pour presenter unplus grand frönt, et poüt faire ses de-charges plus aisement. En gCneral, onfait bien de rhönrteur aux husSards,quand on leur presente un corps d’ih-fenterie sur deüX rangs.
Dans üne bataille perdüe, le plusgrand mal n’est pas la perte des hom-mes, mais le d^coüragemeht des trou-pes qui s’eh suit; car quatre ou cinqmille hommes de plus dans ütte arthtede cinquante mille, ne sont pas une