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Tome cinqième.
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INTRODUCTION.

aussi servir poui le Soldat. Si le com-mandant en etudie la nature et le ca-ractere, lesucces sera facile et eertain.Dans les rangs on trouve de vieux mi-litaires qui ont de l’intelligence, et quipeuvent decouvrir du nouveau, ouenprocurer la decouverte : qu’un officiers’entretienne souvcnt avec eux; eelainstruit et concilie celte confiance quiest d’une grande utilite en tous genresd’execution. L’officier doit faire la dif-ferente des braves et des mauvais sol-dats, afin que, dans 1’occasion, il saches’en servir ä propos. On caresse lesboris, on pr£vient Ieurs besoins : onpeut ainsi s’en promettre de l’honneuret de la r6putation. Quant aux jeunesgens timides, il faut les entrainer etles ötourdir sur le danger : de cettefa^on j'ai vu souvent des ofiiciers en-treprendre des choses qui, au prerniorcöup d’oeil, leur attiraient le renom det£m£raires.

Il est trhs-mauvais qu’un officierborne son avenir ä un eertain avan-cement, et que, quand il a obtenu laCharge qu’il ambitionnait, il ne desireplus au-dela; il est sur que dans lescommenceinens il se donnera des pei-nes incroyables, et emj loira tous lesmoyens possibles pour acquerir cetteCharge, d’autant plus vite que peut-ßtre il reconnait lui-m&me qu’il n’estpas en 6tat de la remplir; et alors ilcroit se souteriir ä l’aide de quelqueprotecteur puissant ou autreinent,jusqu’a ce qu’il soit parvenu ä son but.C’est ainsi qu’on voit des ofiiciers qui,pendant un eertain temps, se donnentdes peines et pretendeut faire plusqu’ils ne peuvent, et qui, ayant obtenuce qu’ils desiraient, se relächent et nepensent plus ä leur devoir.

Les ordres de tels gens ne dependentque des circoustances : ils sont sans

arrangement et sans choix, etcela ils perdent leur autorite et leur r6-putation. Celui qui se propose autrethose que l’honneur, ne cherche qu’äs’enrichir, devient avare, se gäte, ets’attire la liaine et le mepris de tous.

Jtien ne rend l’oflicier plus mepri-sable aupres du soldat, que lorsqu’onle soupgonne d’une sordide 6conomie.Le jeu en est souvent la cause, et portefacilement un officier ä la bassesse.Qu’on dßpense plutot ce qu’on a, pouracheter de bonnes armes et d’excel-lens chevaux : c’est d’eux que d4pen-dent souvent l’honneur et la vie.

Que l’officier soit toujours sobre etmodere dans sa depense; car, outreque par lä il relranche le superfiu etl’inutile, il en est aussi plus actif etplus capable de faire brillamment sonService. Il doit 6lre le modele de tousses inferieurs, car ordinairement cesderniers ont coutume d’imiter leurssuperieurs; c’est surtout ce qui arrivequand un officier est adonnö ä laboisson, ou ä quelque autre vice : ilperd le droit de le reprocher ä ceux quise le permettent 4 son exemple, et enle faisnnt il se condamnerait lui-mÄme.Le fondement et la source de toutes lesqualites necessaires a faire un braveofficier, c’est une conduite reguliere,laquelle doit non-seulement ötreexte-rieure, mais doit aussi regier ses ac-tions, afin qu’elles soient exemptes deblame et de censure ; car la veritablebravoure rougit de ia pius petite ta-che.

Je viens de vous indiquer commenton doit d’abord se corrigcr et se ren-dre propre aux plus nobles eritreprises:ä present nous allons voir la conduiteque doit tenir un officier pour acquerirde l’ltonneur ei de la reputation enCampagne.