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tot« de tous les instrumens de guerre,et ceux dont l’effet est le plus incer-lain. La quantite de poudre, la ma-niere de charger, l’ktat de l’almos-phere,l’agitationde l’homme, causenttant de Variation s dans reffet et dansla direction, qu’on peut bien estimerque sur quatre Cents coups, il y en apeut-ßlre un qui porte. L’incertitudedes effets du feu, et la grande distancequ’on garde toujours entre les deuxarmkes, sont les deux vkritables cau-ses du peu d’importance de nos batail-les; il y a peu de monde tu£, le restefait sa retraite. Ce n’est plus commeautrefois que les guerres se dkcidaientpar des batailles, oü la victoire etaittoujours com pikte; aujourd’hui unearmke bien infkrieure par le nombre,et möme par la bontk des troupes,peut, soüs les ordres d’un clief habile,prendre des positions avantageuses, etarröter, pendant des annkes, les pro-grks d’un vainqueur bien plus fort,jusqu’ä ce qu’enfin le vainqueur et levaincu dtant kgalement üpuises et rui-nös, la paix devient nkcessaire ä tousdeux, pai* l'impuissance de soutenirplus long-temps la guerre. Voilä pour-quoi, de nos jours, on ne voit plus deroyaumes conquis et de trönes ren-versüs; le peuple seul paie les frais, etsouffre les ealamitks de la guerre. Lemonarque se prkoccupe moins desmauvais succks, dont 15 est bien rareque l’influence s’ütende jusqu’au trö-ne; il ordoßne la paix ou la guerre,suivant soa caprice ou celui de ses fa-voris.
8i l’incertitude de reffet des armesä feu est teile que le meilleur tireur aublanc, libre et sans obstacle, ne puisse,une fois en dix, ajuster un but plack aquelque distance eonsiderable, quepeut-or; attendre d’un Soldat ordinairedans le rang, oü il est gknü, presse,
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pousse de tous cötes par ses catnarades,troubld par les cris des mourans et parles images de la mort qui flotte detoutes parts sous ses yeux? L’arme etle but, s’il en avait, vacillent ügale-ment; il faut peu compter sur son feu.
Si, a tout cela, vous ajoutez le mou-vement des chevaux, il s’ensuivraqu’aucune arme ä feu, exceptü le pis—tolet ä brüle-pourpoint, n’est propreni pour la cavalcrie ni pour aucun au-tre corps pesant paree qu’ils n’en peu-vent faire d’usage avantageux. 11 se-rait difllcile, et je crois müme impos-sible, de disposer rinfanterie de ma-niere ä tirer avantage de son feu; sivous lui donnez trois, ou müme plus,de profondeur ä rangs et liles serres,comme celase fait aujourd’hui, eile nepeut pas se servir de ses armes; et sion la forme sur une moindre profon-deur avec les flies et les rangs ouverts,VOS hommes ne peuvent plus tirer dutout; et ainsi separüs, ils manquent deforce et d’union pour agir et se mou-voir. Il est donc rdellement impossiblede donner ä une troupe armee de fu-sils, les trois qualites que nous avonsreconnues essentielles : force, activite,mobilile. On a senti ces diflicultes, eton a cherchd ä les diminuer en intro-dnisant ditfürentes espkees de feu. Surcela, les avis se sont partages : les unsont cru meilleur de tirer par rang, lesautres par portion de flies, comme pe-lotons, divisions, etc. M. le comte deSaint-Germain (1), dans des mömoires
(4> Voici la maniere dont M. de Saint-Ger-main s'expüque sur les feiix. Le lectdur compa-rera les avantages el les incotlvlniens du feu deöle qu’ll proposo, du feu par rang, comme ledemande le g*n£Ml Lloyd, ou de celui quej'ose prdferer.
• le ne Connaie que den* botines ftförts detirer de son feu le plus grand avantage; l'tme!quand l’ennemi tient ferme, et l’autre quand il!fomnience a se deconrerli r et a se pelotooner.