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trainer toute une Campagne sang dtofl*ner bataille, et il n’y put r6ussir queparce que les principales forces d’An-nibal etaient en cavalerie, qui est denul effet dans un tel pays.
II faut conclure, de tout ce que nousvenons de dire, que pour une armeequi n’a que des armes ä feu, les mou-vemens sont lents et les actions inde -cises: eile prßte davantage aux deve-loppemens de la Science et du talent;mais ses ojv^rations les plus heureusesne peuvent gü£re s’appliquer qu’a lagucrre defensive.
Des troupes, armöes de piques, ontdes mouvemens plus rapides, et leursactions sont plus d6cisives; eiles don-nent moins a la Science que les pre-mi^res, mais elles sont singulifcrementpropres ä la guerre offensive.
II semble donc que pour atteindre äla perfection, et rendre une armöe6galement propre ft toutes les opera-tions de la guerre, il faut y reunir cesdeux espöces d’armes.
Si le fusil et la pique sont, commeje le crois, de toutes les armes cellesqui peuvent le mieux remplir tous lesobjets qu’on se propose, il faut doncqu’une troupe soit dispos^e de maniftreft employer ces deux sortes d’armes,ou que differens corps de troupes, separtageant ces armes, soient rangösdans un ordre oü ils puissent se sou*tenif et se favoriser mutuellement.J’essaierai de proposer, dans la suitede cet ouvrage, un moyen de produirecette combinaison; nous aurons lieude voir, dans cette recherche, combienles modernes sont 61oign6s de la per*fection ft laquelle nous nous efforponsd’atteindre. Jeprie le lecteur dem’ex*cuser si je me suis arrPt6 si long-tempssur ce sujet, et si j’ai peut-fttre em-ployü trop de rep6titions; mais toutce que j’ai dit jusqu’ä präsent fttait la
base d’une oouvelle tactique, dans la-quelle seule on trouvera des principesfixes et certains pour la formation etla conduite des armftes. Je supplie doncavec instance tous les militaires devouloir bien examiner, et pcser avecl’attention que le sujet mftrite, ce que'j'ai exposft dans ce chapitre (1).
CHAPITRE VII.
De la formation des bataillons et des asetdrons.
Les modernes ont adopta le fusilcomme l’arme universelle, et en con-sftquence, ils ont dispose l’infanterierelativement a la forme et ä l’usagede cette arme; mais le • succ&s n’a pastoujours rppondu 4 i’attente, car j’ai dd-ja prouve qu’un cörps d’infanterie,forme sur trois de hauteur, ne peutuser avantageusement de son feu,comme on le voit dans les batailles, oüun million de coups ne portent pas. 11y a plus : cette methode de ranger leatroupes est pleine d’inconv^niens, et so-jette ft plusieurs dpfauts considerables.
Premüremtnt. Une ligne de troiirangs manque de force; eile ne peutsontenir ni le choc d’une cavalerie quichargera vigoureusement, ni celuid’une infanterie qui sera formte unpeu plus solidement. C’est cette fai-blesse qui est cause qu’ft l’exercicem6me, deux ou trois bataillons ne peu*vent faire un demi-quart de lieue enplaine sans un ilottement et une oa-
(1) Les lecteuri remarqoeront des diffdrencenessentielle* entre les opinions de Lloyd et cellasdeGulbert, relativement i la profondeur desrangs de 1’iDfanterie ; Ha comprendront qu’H n'ya aueuoe contndiction da notre part k expeserles opinions opposdea de cea detu graudi tacti-ciens. C’est aux maltres de notre 4ge, formds 41 dcole de nos grandes guerres modernes, qu’ilapparüent <fexaminer et de pronoBcer.
(Mot* das Jtdd.)