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Tome cinqième.
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DB IXOYD.

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de l’avant-garde antrichienne, forte dehuit ä dix mille hommcs, qu’elle n’eutpas Ie temps d’y porter remöde.

CHAPITRE IX.

De J’ordre de batail'e des modernes«

Par ordre de bataille, j’entends ladistribution des differentes armes quieomposent une armee, sans y com-prendre ce qu’on appelle en generalles troupes legeres qui n’entrent jamaisdans la ligne.

L’ordre ordinaire est de former l’ar-mde sur deux lignes ou davantage,parce que autrement chaque lignen’ayant que trois de hauteur, l’armdeoccuperait trop d’espace, et on nepourrait ni la ranger ni la fuire mou-voir; d’ailleurs C’est un moyen de sup-pleer ä la faiblesse et aux accidens dela premiere ligne, en la soutenant &propos, et en remplagant les videsqu’elle peut üprouver, ou enfin en laremplagant totalement.

La cavalerie et l’infanterie formentdes corps separes; la premiere est com-munement disposee sur les flancs del’autre.

Ce qui fait la perfection d’un ordrede bataille, c’est que les differens corpssoient placds de la maniere oü leur ef-fet doit ötre le plus avantageux, et oüils peuvent le mieux se soutenir reci-proquement et rendre la victoire com-plete; sans quoi il arrive que l’une desdeux armes est victorieuse pendant quel’autre est en d6route. Une conditionessentielle encore, c’est que vos trou-pes puissent se plier facilement ä lanature du terrain sans avoir besoin defaire de grands changemens ä leur dis-position, soit en marchant a l’ennemiou dans le cours müme de l’action.

Or il est evident que si la cavalerieest placee sur les flancs de l'infanterie,eile ne peut ni la soutenir ni en 6tresoutenue; ce qui est un düfaut essen-ticldans la disposition.

D’ailleurs il arrive souvent de lä, etil doit arriver que dans les marches,campemens et m6me dans le combat,l’infanterie et la cavalerie ne se trou-vcnt pas placües sur le terrain qui leurconvient, parce que la nature du payschange souvent, et qu’on ne peut pres-que jamais changer sa disposition gü-nerale; celle-ci parait donc manqueressentiellement de tout ce qui consti-tue un ordre de bataille solide et pro-pre ä l’action.

Il y a plus: comme les deux lignessont formües dans un ordre plein, äpeu prös, si la premiüre est enfoncüeet poussee un peu vigoureusement,eile se renverse sur la seconde, fauted’intervalles suffisans pour s’ecouler.Celle-ci perd l’occasion et le pouvoirmGme de s’avancer vivcment et en bonordre sur l’ennemi pour l’arröter; ain-si les deux lignes se trouvent culbutüesensemble et la bataille est perdue; aulieu que si la seconde ligne avait aumoins des inlervalles pour laisser pas-scr les d^bris de la premiere, et qu’enmfime temps eile se füt avancee tiüre-ment contre 1’ennemi pendant qu’iletait dans ce petit desordre que causemfeme le succös, il y a lieu de croirequ’elle ne l’eüt pas seulement arrötü,mais battu ä son tour et mis en d6-route.

On donne ordinairement pour rai-son de cette disposition de la cavaleriesur les ailes, que c’est pour couvrir lesflancs de l’infanterie; on n’en sauraitproposer une plus absurde; en effet,l’infanterie peut bien couvrir ses flancselle-möme en se formant en colonnesou en bataillons carr^s, ce que la ca-