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Stique de cet ambiueux, qui enerva sanation, croyant fortifier le gouverne-tnent, comme si un bon gouverne-ment, au lieu d’abaisser sa nation etde peser sur eile , ne devait pas, aucontraire, chercher ä I’elever, en s’ele-vant, du möme mouvement, avec eileet au-dessus d’elle!
Colbert , avec du genie, s’egare surles vrais iriterßts de la France ; il enfait un etat mercantile; il a vu la Hol-lande s’elever du sein de ses marais,et jouer un röle en Europe . Il se dit:« L’or et le commerce sont les mobiles» de la prosperite publique. Je suis» ministre des tinances; c’est ä moi» d’enrichir l’Etat. » Aussitöt les gre-niers se changent en manufactures,nos laboureurs en artisans. Une bran-che de l’administration se ranime etfleurit, tandis que le corns de I'arbrelanguit et se dessöche.
Louvois veut la guerre, parce queColbert veut la paix; parce que l’in%6tdu ministre de la guerre est d’embar-rasserle ministre des finances. Il echauf-fe l’ambition de son mail re; il lui ditque la France n’a besoin que d’armeesde terre; qu’au moyen d’eiles, l’Eu-rope pliera sous ses lois. Bientöt lamarine est negligee, les ports se fer-ment; toutes les autres parties de l’ad-ministration sont sacrifiees a la splen-deur d’un seul departement.
Louis XIV vient d’ajouter quelquesprovinces ä la France ; il croit queparce que son royaume a augmentede surface, il s’est accru en puissance.Il prend pour signes d’abondance etde richesse les etoffes de ses manufac-tures etl’or de ses co mm erg,ans. Il s’e-löve ä un luxe de puissance plus fortque ses moyens; croit que, nouveauCadmus , ses ordonnances d’augmenta-tion font sortir de terre les hommestout arnues; met tout son peuple en
Campagne, epurse la France dans letemps de ses victoires; la met a deuxdoigts de sa perte, dans ses malheurs;meurt, et ne laisse apres lui que detteset misere, avec un genre de guerremoins decisif et plus ruineux.
Voyons ä l’epoque de ce prince, etcomme entrainös par son exemple,tous les gouvernemens de l’Europe forcer de moyens; grossir leurs ar-mees, augmenter leurs impöts; eten-dre ä l’envi leurs possessions; appelerles campagnes dans les villes, les pro-vinces dans les capitales, les capitalesdans les cours; prendre l’enflure pourla puissance, le luxe pour la richesse,l’öclat pour la gloire; faire enfin gömirles peuples, pour atteindre ä un agrandissement funeste ; politique malheu-reuse, et qui rappeile ce chevalet surlequel Busiris allongeait ses victimes,en leur brisant les membres.
Les puissances maritimes donnentdans une öpidemie de commerce, quin’est pas moins funeste; elles veulentembrasser les deux pöles, naviguersur toutes les mers, arborer leur pa-villon sur toutes les cötes. Il s’elöveentre elles une politique inconnue jus-qu’alors, et digne d’un siede barbare.Elles se ferment reciproquement leursports, ou ne les ouvrent qu’ä de cer-taines denrees et sous de certainsdroits. Elles oublient que le genre hu-main n’est qu’une vaste famille, sub-divisee en plusieurs autres, appcleesFrangaise, Anglaise, Hollandaise, Es-pagnole, etc., dont aucune ne peut6 t re pleinement heureuse et puissante,sans une libre et entiere correspon-dance d’echanges, de secours, de bien-faits et de lumieres.
Ce serait un tableau ä la fois inte-ressant et instructif, que celui de tou-tes les fautes qui ont ete faites, depuisquelques siecles, contre les principe*