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Tome cinqième.
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SCJEJSCE MII.1TA1RE.

autre <\~,niparaiso» plus vaste, qui re-poude mieux ä l’importance de la Scien-ce du gouvernement, dans la hierar-chie de ces intelligences quelamytho-logie de quelques peuples fait veillersur l’univers, il y a des gönies infö-rieurs qui sont charges chacun d’unölöment; et le grand Etre les domineet les dirige.

II faut observer que la politique, endevenant, plus parfaite, deviendraitmoins difficile. L’imperfection d’uneScience ajoute presque toujours ä sadifficulte. Les tenebres de l’ignorance,les sopliismes des pröjugös en envelop-pent alors les principes; on les com-plique, on les multiplie; on croit parlä suppleer ä leur insufflsance. La basede toutes les operations etant fausse,les consöquences errondes s’accrois-sent chaque jour; eiles s’embranchentles unes dans les autres. Bientöt s ele-ve une theorie d’erreurs. mille foisplus coinpliquee et plus difficile ä saisirque ne le sermt l’enchainement desveritesqui formentlaScience. C’estsur-tout dans la politique que les dövia-tions ont ces suites rapides et funestes.Quand cette Science sera redressee,quand eile portera sur des principessürs et immuables, comme la justice etla vertu, eile deviendra simple et lumi-neuse. Elle rejettera ?ous ces moyensde detail, ces supplömens, ces pallia-tifs dont la faiblesse a surcharge etcorrompu toutes les parties de l’admi-nistration. En proportion de ce qu’unEtat sera mieux constitue, de ce qu’ilaura plus de puissance reelle, il de-viendra plus facile ä gouverner. LesEtats faibles et mal constitues sontsans cesse le jouet des circonstances etde la fortune; ils craignent les agita-tions du dedans et les attaques du de-hors. Entraines par la politique deleurs voisins, ils sont presque toujoursv.

obliges de se mouvoir en sens con-trairc ä leurs veritables interöts. Cen’estqu’ä force de tyrannie, d’adresse,de petits moyens, d’obliquite, de mau-vaise foi, qu’ils conservent une exis-tence pröcaire et languissante. Ils res-semblent ä ces faibles bätimens, ha-sardes sur le vaste sein des mers.Obligös sans cesse de louvoyer, dechanger de manoeuvre, de tenir uneroute opposee ä leur but, de respectertous les vaisseaux qu’ils rencontrent,recherchant leur compagnie. tächantde se mettre dans leur sillage; un nua-ge les alarme, une vague peilt les cou-vrir, un ecueil les briser.

II n’en sera pas ainsi d’un Etat bienconstitue et reellement puissant; jedis röellement, parce qu’il faut biendistinguer la puissance vöritable, fon-dee sur la bonne proportion et Consti -tution d’un Etat, d’avec l’apparencede la puissance, fondee sur une tropgrande extension de possessions, surdes triomphes momentanes, sur lestalens d’un grand homme, en un mot,sur tout ce qui peut ne pas durer. Untel Etat sera facile ä gouverner; sapolitique extörieure pourra ötre uni-forme et stable. Il ne craindra rien deses voisins; il ne voudra rien entre-prendre sur eux. Au dehors, il aura laconsideration qu’inspirent la modera-tion et la force. Sur ses frontieresveillera une milice redoutable et ci'toyenne. Au dedans prosperera unpeuple nombreux et vertueux. Que luiimporteront les intrigues des autrespuissances, les passions des hommesqui les gouvernent, les guerres qui lesdöchirent? Il ne sera pasjaloux de leurrichesse; il ne le sera pas de leursconquötes. Il n’ira pas les troublerdans leurs possessions lointaines. Ilsait que trop s’etendre, c’est s’affaiblir;que des colonies eloignöes, si elles

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