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crea une tactique presque aouvetre, seforma des generaux, fut lui-mßme leplus habile de tous, conquit une pro-vince meilleure que son royaume,lutta contre autant d’ennemis queLouis XIV , avec moins de moyens etplus de gloire; enfin , avec peu de re-venus, peu de population, peu de fa-cultes dans ses sujets, il crea la puis-sance la plus mililaire et la plus surpre-nante de l’Europe . Le regne de ceprince sera un des ftges remarquablesde la Science de la guerre. comme ce-lui d’Auguste et eelui de Louis XIV sont des äges principaux dans l’histoiredes lettres.
Tel est l’empire de l’habitude et desprejugcs chez les peuples, que le roide Prusse forrnait des troupes etereailune tactique, Sans qu’aucune autrenation stmgeät ä se mettre ä sa hau-teur. II avait cependant battu plusieursfois les Autrichiens dans la guerre de17i0. 1t leur avait enleve la Silesie .Tel futle fruit de ses travaux. Pendantlapaix qui suivit eette guerre, il for-mait des camps ä Spandau et ä Magde-bourg. Il y perfectionnait ce que l’ex-pdrience lui avait fait trouver de vi-cieux dans sa tactique; il y introdui-sait ces deploiemens savans et avanta-geux, eette cdldrite incroyable et de-cisive, devenue si ndcessaire en raisondu plus grand nombre de soldals dontse composent aujourd’bui nos armdes,et de l’etendue de leur front. Maispersonne ne reflächissait autourde lui.L’Autriche restait assoupie dans saroutine. La France croyait que, parcequ’elle avait vaincu avec sa Constitu-tion , eile devait vaincre encore. Lesvictoires de Flandre entretenaienteette s^curitd malheureuse. Tout lereste de l’Europe , moins militaire quela France et l’Autriche , parce qu’il amoins d’interöt ä l’ötre, etait dans
le möme engourdissement. Ce fut dansfeette Situation que commenfa la der-diere guerre.
Depuis la guerre de succession, onn’avait pas tant vu d’armees en Cam-pagne, et rdunies contre un seul prince.Sa Science et leurs fautes furent le con-tre-poids de tant de forces. Jamaisguerre ne fut plus instructive et plusfeeonde en evenemens. Il s’y fit desactions dignes des plus grands capi-taines et des fautes dont les Marsinauraient rougi. On y vit quelquefois legenie aux prises avec le gdnie , maisplus souvent avec l'ignorance. Partoutou le roi de Prusse put manceuvrer, ileut des succes. Presque partout oü ilfut röduit ä se battre, il fut battu; dv&-nemens qui prouvent combien sestroupes dtaient supdrieures en tacti-que, si elles ne l'etaient pas en valeur.Daun se conduisit avec lui en conse-quence. Il evita les plaines, re?ut lesbatailles dans les postes, et n’en livraque lorsqu’il put surprendre, ou qu’ilne se trouva pas obligd de manajuvrer.11 retablit enfin les affaires de l’Autri-che ainsi que Fabius, oppose ä Anni-bal, avait rdtabli celles de Rome.Aussi les Autrichiens disaient de lui,ce que les Romains disaient de Fabius,qu’il futcirconspectjusqu’ala timiditd;mais pouvaient-ils, Tun et l’autre, secompromettre a manceuvrer avec desarmees neuves et sans tactique, contredes ennemis que leurs chefs avaientrendus inslruits et manceuvriers?
On vit dans eette guerre la quantiled’artillerie s’accroitre jusqu’ä l’immen-sit6. LesRusses en trainaient avec euxjusqu’asix cents pieces. Le roi de Prusseet les Autrichiens, jusqu’ä trois ouqua-tre cents; mais on vit en m6me tempstomber le pr£jug6 qui atlachait le m6-me honneur ä la prise d’un canon qu’äcelle d’un drapeau. On vit (grande le-