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Tome cinqième.
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SCIENCE M1UTAIRE.

pre ä la guerre et ä la gloire. Ce champde Mars que l’herbe couvre, et dont laSeine baigne inutilement les bords,ressemblera ä ce champ fameux qu’ar-rosait Ie Tibre; on s’y exercera ä vain-cre; les statnes de Henri, de Conde,de Turenne,~en decoreront l’enceinte;elles crieront ä leurs descendans : Cespiedestauw t’atiendent. De la cour etde la capitale, l’esprit d’honneur etde courage passera dans les provin-ces etonnees. La noblesse, revenuedes jouissances de luxe et de mol-lesse, abandonnera les villes pöur ren-trer dans ses chäteaux; lä, eile setrouvera plus heureuse et moins con-fondue; eile reprendra les moeurs deses a'ieux, en conservant ses lu-mieres ; eile redeviendra guerriere ;le goüt des armes et des exercices mi-litaires, rameilß dans la noblesse, pas-sera bientdt chez le peuple; la bour-geoisie ne regardera plus l’etat de Sol-dat corame un opprobre; la jeunessedes campagnes ne craindra plus detomber ä la milice; eile s’assemblera,les dimanches et fdtes, pour disputerdes prixde saut, de course etd’adresse.Ces prix, que le gouvernement fonde-rait dans chaque paroisse, vaudraientmilie fois mieux que la sterile et coü-teuse assemblee annuelle des milices;car, ayez des paysans vigoureux, les-tes, dejä aceoutumes au bruit des ar-mes et ä les manier; ayez, en mdmetemps, une bonne discipline et desofficiers, vous formerez bientot dessoldats. Qu’on ne croie pas, au reste,qu’une rdvoiution pareille, dans lesesprits et daus les moeurs, devint fu-neste ni ä ragriculture ni ä la tran-quillite du royaume. Une nation, ainsiconstituee, n’en serait que plus porteeet plus endurcie aux travaux. Ce sontles peupies laboureurs qui sont les plusgucrriers. Qu’on se rappelle les Ko

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mains dans leurs beaux jours; qu’onvoie les Suisses . L’Elat y gagnerait lareforme d’une partie de ces armeesnombreuses qu’il entretient sur pied.Lorsqu’un pays entier est militaire, aupremier Signal, tous ses habitans sontses defenseurs. Quant ä la tranquillitepublique, eile n’en serait que plus as-suree; l’histoire le prouve. Oü se for-mörent la fronde et la ligue? Dans Pa-ris , au milieu de cette populace läche,corrompue, avide de nouveautds, quihubite les villes. L’habitarit de la Cam-pagne, occupe de sa culture, attache al’espoir de sa rdcolte, cherit la paix etles lois qui la lui donnent. Disons-leenfin, jamais la crainte des revolutionsne doit, en pareil cas, arrdter les ope-rations de la saine et sage politique;les gouvernemens ne les redoutent quequand ils sentent leur faiblesse ou leurinjustice.

Si l’on ne veut pas que le royaumeentier devienne une ecole de travauxet de guerre, il faudrait du moins que,lorsque les soldats sont enröles, lesexercices de corps fissent une partieconsiddrable de leur instruction. II estetrange qu’uniquement dressds ä ma-nier un fusil, et ä garder pendant troisheures des attitudes penibles et con-traires au mecanisme du corps, ilsn’aient, quand la guerre arrive, aucunehabitude des travaux qu’elle exige.Aussi une marche tant soit peu forceeles etonne; un ruisseau les arrfite;quatre jours de pionnage les rebutent.Si l’on me dit que nos exercices actuelsles occupent dejä assez, je repondraique c’est parce que nos manoeuvressont compliquees, nos methodes d’instruction mal entendues, aotre preten-tion de precision et de perfection, surbeaucomp de points, minutieuse et ri-dicule.. Je repondrai que la preuve quenos «olldafs ne sont pas assez oceupes;