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Tome cinqième.
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P0L1TIQUE.

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qu’ensuitc, arrive au camp, il faisait,avec cette farine detrempee, une ma-niere de gdteau qui servait ä sa sub-sistance. Cet usage de moulins ä braset des distributions de gram ou defarine aux troupes, a ete proposeplusieurs fois de riotre temps et traitede cliimere. Un exemple instractitqu’on doit enfin recueillir de l’etudede la Constitution deslegions romainesdans le temps de leur vigueur et duresultat de leurs operations, c’est latemperance, 1’austerite, la patienceinfatigable qui en etaient la base. Detelles troupes savaient s’accommoderä toute espece de nourriture, et aubesoin, endurer la faim et la soif.Aussi, nulle part, dans l’histoire dubei äge mililaire de cette nation, onne voit les operations arrdtees par descalculs de subsistance. Dans nos his-toircs modernes, on verra, ä cliaquepas, les combinaisons de subsistancefaire sejourner les armees et Comman-der aux generaux.

Une autre verite importante qu’onpeut retirer de l’etude des guerres ro-maines, verite dont le resultat contra-rie nos systemes de subsistance ac-tuels, c’est que les armees vivaientdans le pays et aux depens du pays.il fautque la guerre nourrisse la guerre ,disait Caton dans le Senat , et cettemaxime etait, chez les Romains, unemaxime d’Etat. Des qu’une armeeavaitmis lepied chez l’ennemi, c’etaitau general, qui la commandait, a lafaire subsister; et, celui-lä avait le plusutilement servi la republique, qui, enfaisant la Campagne la plus glorieuse,avait lemieux encretenu son armee, etrapporte , apres la Campagne, le plusd’argent au tresor public. Delä lasolulion de cet etat de guerre presquecontinuel au milieu duquel fleurissaitlaTepublique.EHerecevait dela guerre

accroissemeiu et rrcnesse, comme nosEtats d’aujourd’hui,par la Constitutiondesordonnee de leurs systemes mili-taires, en reqoivent affaiblissement etmisere. Scipion portait la guerre enAfrique ; et, bien loin d’epuiser Romepour nourrir son armee, les greniersde Rome se remplissaient de bl6s d’A-frique. Cesar allait conquerir les Gau-les , et Rome n’entendait plus parierde lui que par le bruit de ses victoires.Non-seulement son armee n’etait pointä la Charge de l’Etat, mais il enrichis-sait cette armee; il faisait passer desfonds au tresor public, il en rdservaitpour ses vastes desseins; il embellis-sait les Gaules apres les avoir soumises;il y changeait la face des villes; il yconstruisait des chemins qui sont en-core aujourd’hui des monumens; avecl’or des Gaules, il preparait des fers ala Germanie, ä la patrie dle-möme; etles Gaules cependant aimaient sa do-mination. Nous n’avons; pas l’art deconduire des guerres aimsi; mais reve-nons ä celui qui fait l’objiet de mes re-cherches.

J’ai eu fort de dire qu’il n’existe pasun morceau dans l’histoire oü il y aitquelques details suivis sur la manieredont les Romains faisaient subsisterleurs armees. J’en retrouve un; c’est leddtail de la belle Campagne de Cesaren Afrique , contre les lieutenans dePompee . Ce morceau precieux, mis aujour et restaure par Guichard, prouvecombien leur Science de subsistanceetait differente de la nötre; combieneile dtait plus simple dans ses moyens,plus hardie dans ses combinaisons etmoins genante pour les operations.Cesar descend en Afrique avec quel-ques legions seulement; il s’y trouvesans vivres, sans magasins, sans placesde guerre. Une tempöte a disperse eteloigne la plus grande partie de sa