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Tome cinqième.
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Rohin, dans son Parfait Capitaine, en idetaille les fomiions. II s’eleve contrequelques-uns qui avaient propose deconfler ces detaiij ä des personnes nonmilitaires; comme si, dit-il, pourvoirh ce que l’armee vive, ne faisait pasparlie de l’art de la conduire.

Ce fut tous la fin du regne deLouis XIII et smis Louis XIV que lesarmöes, s’organisant avec plus de per-fection, les suhsistances furent deli-vrees regulierement aus troupes. Lesdölails des subsistances cesserent enmöine temps d'&lre dans les mains desmilitaires. Si les gönöraux eurent lamaladresse de s’estimer heureux d’enötre debarrasses, les ministres les vi-rent, sans deute avec plaisir, entrerdai.s leur depai lement, parce que celaleur assujettit, rn quelque Sorte, lesopfrations et les genöraux.

Les subsistances de nos armdes ont(Hddepuis, tour ä tour, administröespör entrcpiise et par regle. M. de Lou-vois fut le premier ministre qui donnade l’estension et de l'importance äcctte branehe de dötails, jusque-lä re-gaidde comme lies subalterne. Elle ledevenait moins en effet par le cliange-mcrit qui s’etait fait dans le Systemedeguerre,par l'augmentation prodi-gieuse des arindes et de leurs attirails,par l’espbce de la plupart des campa-gnes qui se passaient toutes en sieges.J'ai dit ailleurs tornmenl, des lors, ilne se fit presquc plus, de part et d’au-trt-, ee que j’appelle la grande guerre.La Science parul consister ä opposerplace ä place, magasin ii mogasin.L’amas des «pprovisionnemens, pre-caution sage, quand eile a ses bornes,6tait degdneiö en manie chez M. deLouvois. 11 en avait sur toutes les fron-ti£res. II pnHendait par-lä tenir danssa main tous les moyens des Opera-tion » , et ddcider les plans de Campa-

gne. II les d£cidait en effet. Ses adu-lateurs l’appelaient le general des ge-neraux. Je ne pretends pas dire queM. de Louvois n’eüt du genie, qu’iln’ait rendu de grands Services aux ar-mes de Louis XIV ; mais, pour quel-ques succes passagers, auxquels con-tribua et sa superiorite a manier lenouveau Systeme de guerre, il oc-casionna par la suite de grands maux.Il trompa Louis XIV sur sa puissancereelle; ilintroduisit un genre de guerredesastreux pour la populatiion et pourlesTinances; il augmenta lies armees,les d^penses; et, n’ayaut pas sousces deux rapports des moyens sup£-rieurs au reste de l’Europe , il ne ga-gna rien; il for^a seulement les autresprinces ä se liguer contre Louis XIV ,et ä ruiner leurs Etats comme lui.

Apres la mort de M. de Louvois,Louis XIV eut de mauvais ministres,et des göneraux plus mauvais encore.Cependant la rouline etait prise etadoptee par toute l’Europe; il n’^taitplus possible d’y rien changer. Obii-gee de faire face partout, la France se trouva accablee sous une defensiveinalheureuse. 11 est inouT, ce que lesnouveaux systömes de subsistance,introduits par M. de Louvois, coüte-rent alors de mdlions au royaume. Iln’y avait pas de bataille perdue ou deville prise, qui n’entrainilt des pertesde magasins immenses. Les mallieursaccessoires devcnaient plus destructifsque le malheur principal. Hocstet fitperdre quarante millions de magasinsetablis, par echelons, depuis nos fron-lieres jusqu’au Eanubc. A Turin , onabandonna, devant la place et dans lereste du Piemont , une quanlitd pro-digieuse d’atlirails et d’approvision-nemens. Chamillard avait triple lesmoyens, comptant assurer par lä dessuccfes ä La Feuillade, son gendre. A