POLITIQDB.
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cüt vu ce que serait devenu le premierroyaume de l’Europe , n’ayant plusd’armdes. A quelques places de la fron-tifere prös, ce royaume ßtait encore in-tact; vingt millions d’habitans n’a-vaient seulement pas entendu le bruitdu canon, et cependant le prince Eu-gene fut arrivß sans obstacle jusqu’ä lacapitale. Frappß avec raison de seslongues caiamitds, mais conservantencore de la dignitd sous leur poids, lemaitre de ce vaste empire n’osait, encas de defaite, ^p6rer qu’une morthonorable. Si vous eles baitu, avait-il£crit au marechal de Yillars, ne l’ecri-cez qu’d moi seul; je connais les Fran-(ais : votre lettre ä la main, je traverseParis , je vous amene Cent mille hommes,et nous nous ensevelissons ensemble sousles ruines de la monarchie.
Mais c’est ä Fdpoque du roi dePrusse, qu’il fautä juste titre regardercomme un nouvel äge dans la Sciencemilitaire, que la difference apporteepar le systöme de guerre moderne en -tre les armßes et les nations, est de-venue bien plus sensible encore. Ceprince a fait naitre un nouvel ordre dechoses; il a cr66 une nouvelle disci—pline, une nouvelle tactique, un nou-veau genre de guerre. Son armee,toujours complete, toujours pourvuede tous les attirails necessaires, tou-jours menagante, est devenue commerette barriere formidable de legionsqui, dans les beaux jours de Rome ,veillait autour des frontieres. Rival devoisinage et de gloire, l’Empereur aembrasse le möme Systeme, et marthesur les mömes traces. 11 ne s’agit plusenlin aujourd’hui, comme on faisaitsous Louis XIV , et comme on a con-ti nuö de faire long-temps apres lui, delever de grandes augmentations ä laguerre pour faire ensuite de grandesrdformesü la paix. Les progresde l’art,
la n6cessit6 de l’instruction, l’impor-tance de la discipline, obligent ä fairede la paix l’öcole de la guerre, et ä en-tretenir les armees sur un tel piedqu’elles puissent entrer en Campagneau premier Signal. Par la, les troupesreglees, acqu^rant de plus en plus lasuperioritd sur le fonds des nations, lesnations sont moins que jamais dans lecas de se passer d’elles, ni de pouvoirse mesurer avec elles.
Les choses ca ßtant ä ce point,quelle grande nation oserait s’ecarterdu Systeme re^u! mais je vais demon-trer que la sürete, la necessitß ä part,l’iuteröt des nations modernes est en-core d’entretenir des troupes regleespour faire la guerre, plutöt que de fairela guerre ellcs-mßmes.
Quand les nations sont ä demi-bur-bares, quand eiles n’ont ni lurriiere, nicommerce, ni richesses, ni luxe; i’oi-sivete des nobles, la vigueur des jeunesgens, l’ardeur des arnbitieux, la flo-ate generale des espaits, enfin, l’appätde la seule espece die gloire qui leursoit connue, porteut beaucoup d’hom-mes vers les armes. Aux arts de pre-mier besoin pres, il n’y a presque quedeux occupations, labourer et coin-battre. Tels etaient les Romains dansles premiers äges de la republique; lesconsuls plantaient leurs drapeaux dansle Champ-de-Mars, etla jeunesse ac-courait en foule se ranger sous leursordres. Tels etaient encore la plupartdes peuples de l'Kurope il y a demsiecles. Les troubles de religion, l’a-narehie du gouvernement feodal, lesentretenaient dans uu etat de guerrepresque continuel. Chaque seigneur,chaque ville, chaque paroisse avait sabannibre. Comme il ne fallait ni disci-pline ni Science , chacun pouvait au be-soin s’armer et combattre. On se rap-pelle la facilit^ avec laquelle se fai-