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Tome cinqième.
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POf.ITIQCE.

rains de I’Europe, eüt ötö autrefoissoudove par cinq Cents maitres. Servirpour servir, il me semble que ceux quiy sont destinös ont gagnö au rhangc;car lesgrands tyrans, si ces souverainsötaient tentes de le devenir, sont en-core de meilleure compositien que lespctits, etla servitude s’ennoblit un peupar lagrandeur du maitre.

Ainsi dans ces siücles, certainementplus malhcureux que le nötre, les guer-res ötaient bien plus frequentes, pluslongues; dies se faisaient dans bienplus de points ä la fois. Aujourd’buique la guerre ne peut se faire qu’avecdes troupes röglöes, avec des armeesnombreuses, disciplinees de ionguemain, et constamment entretennes surpied, cinq ou six grandes puissancesseules ont en Europe le droit et lesmoyens de la faire; je dis le droit, carles puissances secondaires ne l’ont plusde fait; eiles sont röduites a s’altaeheraux puissances de premier ordre, et äfaire juger leurs difförens par elles.C’est donc dejä beaucoup que cinq ousix tötes seules aient la disposition dece flöau, et ce sont döjä beaucoup deprobabilitös de plus en faveur de lapaix; car moins il y a de tötes, moinsil y a certainement de rivalitös, d'intö-röts et de passions en presence.

Ce ri’est pas tout encore : quand laguerre est facile ä faire, quand eilen’exige que peu d’avances primitives ,quand il ne faut pour l’entreprendreque rassembler des hommes, les armeret courir sur l’ennemi; alors on s’ö-chauffe pour de legers molifs, on obeitä un premier mouvement, on declarela guerre et on la fait, comme un par-ticulier met l’epöe ä la main pour re-pousserune offense. C’etait ainsi qu’enusaient autrefois les nations et les sou-verains.

Aujourd’hui la guerre est devenue

si difficile a entreprendre, eile exigctant de frais, tant d’avances, une missdehors si ruineuse, des perspectivesde succös si incertaines, des chances sipeu complötes, et äla paix, une ruineä peu prös si ögale pour le vainqueuret pour le vaincu, que les souverainsbalancent long-temps ä s’y döter-miner.

Par la möme raison que les guerresetaient autrefois plus frequentes, ellesötaient plus longues; et par la mömeraison qu’elles sont oujourd’hui plusrares, elles sont aujourd’bui plus cour-tes. Ces rösultats, en apparence si op-posös, sont la suite de la difference desmoyens qu’on employait alors, et deceux qu’on emploie aujourd’hui. Alorson agissait avec peu de forces ä la fois,et par cons6quent avec peu d’eöorts;de lä, on pouvait röpeter ces effortssouvent et les prolonger long-temps.Aujourd’hui on agit avec des forcesimmenses, et par consequent avecd’immenses efforts. Us doivent doncbientöt öpuiser, et donnerle besoin dese reposer long-temps. La derniöreguerre, qui a ötö et qui sera vraisem-blablement la plus mömorable de notresiöcle, a mis cinq cent mille combat-tans en armes, et eile a dure six ans.La plus celebre guerre de l’autre siöclen’avait mis aux prises que cent millecombattans dans toutes les armöes res-pectives, mais eile a dure trente ans.Je ne hasarderai point de prononcerlaquelle des deux a coute le plus desang et de larmes au genre humain;mais plusieurs raisons me paraissentincontestablemcnt prouver que le Sys-teme de guerre moderne est moinsmeurtrier et moins dövastateur quel’ancien.

D’abord, il est hors de doute quel’usage des armes ä feu a rendu lescombats infiniment moins sanglans.