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Tome cinqième.
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POpiTIQÜB.

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tant toujours contre les Espgnols, ä !nombre inegal, furent obliges de se irenforcer par l’art et par la discipüne. !C’est a pux que l’on doit le Systeme defortification moderne, l’usage des re-trnuchemens adaptes ä la guerre deCampagne, et enfin les premiers 616-mens de ce genre de guerre, au moyenduquel, avecdes forces inferieures, ai-dees des obstacles du pays et des res-gource» de l’art, on defend, on re-tarde, cm empöche les invasions pardes armdes superieures.

Aujourd’hui enfin, le Systeme deguerre moderne est plus que jamaistourne a l;j ddfensiye. C’e6t peut-6treun abus, un vice de l’arf; car le pouret le CQptre pegvent 6tre dgalementsoutenus; mais c’est un resultat cer-tainernent avantageux 6 la franquillitddes natiops et a la süret6 des em-,pifes.

Cette predominance de la defensivedans le Systeme de guerre modernetient a l’pspece de nos armes actuelles,qui sont plus favorables a la defensequ’ä l’attaque; a la superiorite que lespositions donneut aux troupes qui lesddl'endent sur cellesqui les attaqueuf;a l’usage habituel que les armees ontaujourd’hui de se poster; aux appujsfayorables que prötent les places deguerre-

Du changement majeur qui s’estfait dans l’art de la guerre moderne,il s’ensuit dqnc que cet art est esgen-tiellement ef urimitivement deyenuprotecteur et conservateur; il s’ensuitque la defensive s’6tant de plus en plusperfectioun^e, et l’ofiensiye etantdevenue plus difficile, les guerrpssont ndcessairement moins decisives;qu’elles s’arr^tent aux fraqtieres desEtats, et que plus rarement eUes p6-netrent dans l’int^rieur; il s’ensqif parconsequeut, que le fleau pyreourt j

moins d’espaee, qu’il est concentrddans des points et qu’il fait moins deravages. Une armee, forroidable, habi-lement commandee et faisant la guerreavec toutes les lumieres du Systememoderne estcomme ces barrieres utilcsqu’on 6fablit sur les frontieres pour61oigner la contagion.

Ouels sont les r6sultats que je pre-tends tirer de cette discussion?ils ser6duisent ä ce qui suit:

Que la guerre est un f!6au sansdoute; mais qu’elle estun fl6au in6vi—table.

Que pour le rendre plus rare, pourl’elqigner d’elle , il faut que la France seit assez puissammertt arm£e pouröterä ges voisins le desir de l’atta-quer ou de rien faire qui nuise ä sesjpt6r6ts-

Que la necessit^ d’entretenir une ar-m6e plant etabüe, il faut que cette ar-mee reponde äla grandeur duroyaume,ä su population, ä son syst6me polili-que et ä toutes les circoqstances qui1’euvlrQnnent. Car, quoj qu’il en puissecoiiter, il faut pouvoir dbfeqdre »espossessions ef repueillir ce qn’on yshrpe; U faut conseryer quelque copsi-dbration et se mettre y l’abri de l’en-vahissement- Ce qu’il y a de plus eheret de plus on6reux, c’est d’avoir unedepii-armee: car, avec cela, on n’estjamais au njveau ui de sy politique,ni de son rang, ni du r61e qu’on doitjouer, et toute d6pefu& qui est iusuf-fisante est celle qu’il feut vraiment re-gretter.

Qu’ayant une armte, il faut l’avpjrau moins egale, et s’il se peut, supe-rieure ä celleg des untres puissances endisciplme et eu instructicm-Gar, cequi coute eher , tant au present quedans 1’ayenir. c’ögt uce armee ruedio-cre; atteodu que sa depense ä la paixn’est pas moindre que celle d’une