ARTII.mUE. WT
qae toutes les artilleries (tes autres na-tions, cherchant ä s’alleger en mömetemps qu’ä s’augmenter, out diminuela longueur et la pesanteur de leurspieces. II n’y avait, la guerre dprniöre,que les Anglais et nous qui eussionsdes petits calibres ä longue Propor-tion.
Je n’ajouterai point ä cette tahle descalculs sur le rapport des charges auxportdes, c’est-ä-dire sur la quantite deppudre dont il faut que les chargessoient composees relativement au ca-libre des mobiles, ä leur espece et ä ladistance ä laquelle on veut les pousser.Je ne dirai point sous quels angles deprojection les piöces doivcnt ötre poin-tees pour en tirer tel ou tel effet. Cesconnqissances appartiennent exclusi-vement ä l’officiep d’artillerie. C’est* lui qui est Charge de l’execution des! bouches ä feu, et il sulfft a l’ofiicier,conamandant les armes, de savoir qu’ilpeut, en teile ou teile position, deman-der ä Tofficier d’artillerie de lui pro-curer des feux qui remplissent tel oui tel objet.
L’oflicier commandant les armesdoit, aussi bien que l’officier d’artilleriesavoir choisir les emplacemens, dispo-ser les pifeces, diriger les feux et lesmenager.
La disposition la plus avantageusede l’artillerie, cpnsideree, soit du cötede l’emplacpment, soit du cöte del’executioq, est, saus contredit, cellequi rend ses effets les plus meurtriers( et les plus nuisibles ä l’ennemi.
| Les coups les plus meurtriers ötant[ indubitahlement ceux qui parcourent! la plus grande longueur sur le terraini occupe par les troupes ennemies, il estceftain que leur elfet augmenter' \mesure que ces troupes seront rang-eessur une plus grande profondeur, puis-qq’alors le boulet ne cessera de de-
truire que quand il aura perdu sa force,et que quand möme il n’aurait pastouchö les premiers rangs, il aura soneffet de plongee ou de ricochet sur lesderniers.
Pour obvier ä ce prodigieux et meur-trier effet de l'artillerie, toutes lestroupes de l’Europe ont abandonnöl’ordonnance de profondeur, pourprendre avec raison un ordre plus min-ce, et qui donne moins de prise auxtirs du canon.
Les troupes etant ainsi rangees, cel-les d’infanterie sur trois, et celles decavalerie sur deux de profondeur, sil’artillerie ne tirait que de but en blancet droit devant eile, son feu serait bienpeu redoutable , puisque le boulet leplus heureusement dirige ne pourraittuer ou mettre hors de combat quedeux ou trois hommes au plus.
Aßn de töclier de faire parcourir äces mobiles la trajectoire, sur laquelleils peuvent rencontrerplus d'ennemis,seule maniere de remedier ä l’irregu-larite et au hasard des portöes, l’artil-lerie doit donc chercher a prendre desprolongemens, des revers et des ri-cochets sur la troupe qu’elle veut bat-tre.
Pour se procurer ces avantages, ilfaut qu’elle place ses batteries de ma-niere ä ecbarper sur la ligne ennemie,observant que cette batterie forme aveccette ligne un angle de plus en plusaigu, ä mesure qu’on s’en rapproche,*et enfin un angle presque nul quandon en est fort pres, c’est-ä-dire que lesbatteries doivent s’etablir, dans ce der-nier cas, presque tout-ä-fait sur leflanc.
Le möme principe doit s’appliqueraux batteries destinees ä battre unecolonne; ainsi on doit les placer demaniöre qu'elles öcharpent sur un an-gle d’autant plus grand qu’on en sera