ARTILLERIE.
qui, se trouvant införieur ä l’ennemi,se conduira differemment, et suivantles principes usites dans les armeesmodernes. S’il prend le parti de cons-truire des lignes et de se mettre der-rifere elles, pour peu que son ennemiSache manoeuvrer, elles seront tour-n6es, surprises, percees; et je n’ai pasbesoin de dire pourquoi elles le seront:tant d’exemples et de raisons recon-nues rendent cette cons£quence sensi-ble. S’il se jette dans une position ex-cellente, et dont tout le front soit cou-vert par une eontinuite de retranche-mens, il se liera les mains; il ne seraplus en mesure de faire craindre l’offen-sive ä l’ennemi; il jettera dans son ar-mdel’esprit detimiditeet de decourage-ment; il n’osera se compromettre borsde sa position. Je veux que l’ennemine puisse l’attaquer de vive force danssa citadelle; il le ddsolera par des cour-ses sur ses flancs, sur ses Communica-tions, sur le pays qui l’int&resse; ils’approchera de lui, il le resserrera, ill’assidgera; offensif et mobile, il pren-dra sur cette armde, ainsi retranchee,tous les avantages que l’assiegeant asur l’assidge, et sur des ouvragcs quisont immobiles et defensifs: il ira äeile par tranchde; il reunira sur quel-ques points de cette position tous sesfeux et ses efforts; il l’obligera ou al’extrdmitd fächeuse d’abattre ses re-tranchemens, et de venir presenter uncombat ddsavantageux, ou ä celle demettre bas les armes, ainsi que l’ontfait les Saxons ä Pirna ainsi que l'au-rait fait Pierre, sur le Pruth , sans i’a-dresse de la Crarine.
Mais je veux que, revenu avec sonsiede du prdjugd qui existait autrefoisen faveur des lignes et des camps re-tranches, il ne prenne ni l’une ni l’au-tre de ces ddfensives. S’attachera-t-il äpe se prdsenter a Lennea» que dans
des positions couvertes p»r plusieurspoints retranches, comme redoutes,batteries, villages, abattis, etc., faisanten quelque sorte de son arnide la cour-tine de ces bastions? C’estaujourd’huila grande routine de la defensive mo-derne, routine sans doute prdfdrable äcelle qu’elie a remplacde, mais sujetteelle-mdme a beaucoup d’inconvdniens;1° en ce qu’elle reduit l’armde qui s’ensert ä la ddfensive, et que c’est ddjäune espece d’dchec de recevoir la loides dispositions de l’ennemi, d’dtresans cesse occupe ä parer, et de n'fitrepas en mesure de lui porter coup ä sontour; 2° en ce que l’ennemi ne courtjamais aucun risque ddcisif en atta-quant une armöe siinsi post<5e. Battu,il se relire, et il e-st rare qu’avec despnicautions bien prises, il ereigne lapoursuite. Vainqueur, il peut rendresa journ6e complete, parce qu’il dö-borde et prend de revers les postes oc-cupes : ainsi fut pris Hochstett; ainsil’auraient peut-6tre dte Antoin et unepartie de l’armee du marcchal de Saxe ,si les bonnes dispositions des ennemisavaient soulenu ce que le hasard leurfit entreprendre; 3° en ce que de deuxchoses l’une : si les points fortifies sonttrop öioignes i’un de l’autre, comme äFontenoi, ä Lauffeit, ä ltocoux, l’en-nemi passe entre deux, ou bien, fait,vis-a-vis chacun de ces points, une dis-position qui les enveloppe ä demi debatteries et de forces superieures, lesempörte, met ä decouvert I’arm4e quiles soutient, et gagne la bataille. Si cespoints fortifies sont rapproches aupoint de se proteger et de se flanquermutuellement, cette position retombedans l’inconvenient des camps retran-cb6s; toute l’armee se trouve empla-c6e dans des points ou eile est reduiteä la defensive la plus passive et la plusinegale. Si Tun de ces points est forci,