ARTILLERIE.
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teiulre un siede enticr avant, que l’oc-casion se presente d’en faire usage;alors on les laisse degrader, ou si onles entretient, voilä, pendant un siede,des depenses annuelles qui formentdes sommes considerables, et qui au-raientpuütre bien plus utilement em-ploydes; cependant, quand elles sontassiegees, si uue armee ne vient ü leursecours, elles finissent par ötrc prises;ainsi, ä quelques jours prcs, les posteselevcs en terre, tels que je les propose,rempliraient encore l’objet qu'ellesremplissent aujourd’hui. En un mot,ces derniers ont des avantages que lesplanes ne peuvenl avoir; c’cst que lacirconstance determine leur posilion,et par consequent la determine toujoursbien plus convcnablement ä l’objet dumoment; c’est que la circonstanceayant change, on abandonne le poste,ou ou le rase, pour en aller faire unaulre ailleurs; c’est qu’on fait son posteproporlionndment ä l’objet qu’on veutqu’il remplisse, au nombre de joursqu’on veut qu’il tienne, au nombre ouä l’espcce de troupes qu’on veut y met-tre, a la force et ä l’habilete de l’enne-mi qu’on a devant soi; c’est qu’enfinl’officier qu’on Charge de la defense duposte preside en müme temps ä sa eon-struction, la dirige suivant ses vues dedefensive et ses moyens, tandis qu’aucontraire, dans la plupart des places,ses vues et ses moyens se trouvent encontradidion avec l’espece, la disposi-tion trop grande ou trop bornee deleurs ouvrages.
L’inconvenient de toutes les places,et un inconvenient qui devient plussensible ä proportion qu’elles sont plusmultipliees, c’est qu’en genbral les cir-constances qui en ont determine l’as-siette et le systhme de construction,venant ä changer par la revolulion desüvenemens , ces places se trouvent ou
inutiles, ou mal emplacbes, ou sansrapport avec les circonstnnces du mo-ment. Pour nous convaincre de cetteverite. jetons les yeux snr deux centsplaces qu’on compte en France . Unhomme qui n’aurait pas reflüchi surleur position serait poriü ä croire qu'a-vee cette quantilüde forteresses, tou-tes les provinces du royaume sontcou-vertes, et nous avohs des frontibrosqui en sont absolument degarnies; iln’y en presque point dans nos proVincesmaritimes; nos plus grands ports, nosetablissemens de marind sont a peine,du c6td de terre, ä l’abri d’un Coupde main. Ailleurs nous avorts deut outrois lignes de places : nous en avonsdans des points oü elles ne couvrentrieri, oü elles ne defendent rien; Ostque la frontiere, dans de certairtcsparties, s’est avancee, et que dansd’autrcs eile a reeule; c’est qu’autre-fois on avait pour systhme d’opposerplace a place, et que celles de l’ennemlne subsistant plus, les nötres sont,dans quelques points * devenues inuti-les ; c’est qu’alors on avait la manie detoutfortilier; c’est qu’aujourd’hui cettebranche de l’administration n’est pasconduite sur un plan plus düterminö.On n’a ni le courage de raset ou d’a-bandonner totalement une partie desplaces, ni assez d’argerit pour les en-tretenir; on les rbpare a demi. II enest d’inutiles qu’on conserve par res-pect pour Vauban , ou pour d’autresprejuges de routine; il en est qu’onaugmente, parce que des villes ont desoclrois qui font les fonds annueis deleur entretien, et qu’il est de regle eta-bliequecesfondsdoiventbtreemployesaux fortifications de ces villes, ces vil-les n’en eussent-elles pas besoin. H enest que les directeurs ou Ingenieurs enchef se plaisent a bouleverser ou sur-charger de pieces inutiles, atin de con-