ARTILLERIE.
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servä d-dessus, c’est toujours l’especedes armes qui dätermine rordonnancedes troupes. A quelques diffärencespräs, toutes les troupes de l’Europe ont les mämes constitutions, impar-faites, mal calculees sur leurs moyenset dont l’honneur ni le patriotisme nesont la base. Ges armäes sont compo-säes de la portion la plus vile et la plusmiserable des citoyens, d’Prangers, devagabonds, d’hommes qui, pour leplus leger motif d’intärät ou de mä-contentement, sont präts ä quitterleurs drapeaux.
La maniere dont les anciens fai-saient la guerre ätait plus propre ärendre les nations braves et belliqueu-ses: unpeuple battu ä la guerre eprou-vait les derniäres misäres; souvent onägorgeait les vaincus, ou on les trainaiten esclavage. La crainte de ce traite-ment, faisant une forte impression surles esprits, devait necessairement por-ter les peuples ä perfectionner la dis—eipline et ä se livrer avec plus d’ardeuraux exercices militaires. Cette craintedevait rendre la guerre la premieredes professions. Mais, de nos jours, lacivilisation ayant ätendu ses bienfaits,ies guerres sont devenues moins cruel-les: le sang n’est plus räpandu quedans les combats, on respecte les pri-sonniers, on ne saccage plus les villes,on ne ravage plus les campagnes. Lespeuples vaincus acquittent seulementdes contributions; et, conserves par leconquärant, leur condition n’empirepas. De lä, les nations prennent moinsd’interät aux guerres; la quereile quis’agite n’est plus exclusivement laleur; ils la considerent comme celledu gouvernement: de lä le soutien decette querelie abandonne ä des mer-cenaires, et l’etat militaire regardeconxme un ordre onäreux ,-el qui nedoit pas eompter parmi les autres or-
dresde citoyens; de lä surtout i’extmc-tion du patriotisme, et, consäqueneoinävitable, le relächement des cou-rages.
L’äducation du soldat devrait em-brasser trois objets: 1° les exercices ducorps, 2° les exercices d’armes et d’ä-volutions, 3° la re Präsentation des dif-ferentes situations oü l’on peut setrouver ä la guerre; le premier de cesobjets devrait entrer dams l’educationde toute la jeunesse du royaume.C’est l’exces de la tenvae que j’at-taque, et non la tenue raiisonnee; con-tenue en de justes propmrtions, eileest indispensable, eile es t une preuvede discipline, eile contribue ä la santädu soldat, eile l’äläve eile le place dans laclasse des citoyens aisäs. Elle n’etail pasnägligee chezles Romains: ellese por-tait particulierement sur leurs armes;mais eile ne les empäcbait pas de s’oc-cuper de travaux durs et pänibles: cesderniers faisaient la base et l’objetPrincipal de leur äducation. Une armeeromaine essuie des revers en Espagne :le sänat envoie Gaton pour la com-mander: il la trouve räpandue dansdes quartiers, indisciplinäe, amollie,chargäe d’or et de honte. Les soldatsätaient pares comme des femmes. Ga-ton les fait camper, les exerce, lestient sans cesse en mouvement, lesaccable de travaux : « Romains in-»dignes, leur dit-il, jusqu’ä ce que» vous sachiez vous laver dans le sang» je vous laverai dans la boue. »
Mais c’est en vain que l’on formerades soldats endurcis et guerriers telsque l’etaient les Iegionnaires ä Rome,si l’on ne remet cette ^«ofession enhonneur, si l’on n’attache ä eile parun espoir flatteur et lucratif; si l’onn’augmente pas sa paie, immobile de-puis deux cents ans, tandis que les| denrees et salaires ont doublä, triple;