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Tome cinqième.
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Ö14 HK LA DEFENSE

l’ennemi s’approcher en peu Je jourset presque sans difficultö, Je la queuedes tranchdes jusqu’au bord 'du fasse,malgre toute l’artillerie des remparts ,s’imagirie, en voyant cette artillerieentierement dömontte ot ses feuxpresque eteints, qu’il ne faut plus äl’assiegeant que quelques heures pouraborder le oorps de place; et, effrayödu danger que courent la garnison etla bourgeoisie, il n’ose tenir davantage,c’est-ä-dire qu’il se rend lorsque la ve-ritable defense ne fait, pour ainsi dire,que de commencer; il n’est pas en etatde rassurer (es autres, puisque lui-mö-ine il n’a plus de confiance dans sespropres moyens. 11 en serait tout au-trement, si lq chef connaissait les res-sources que lui oft're sa Situation , s’ilavait su economiser ses munitions, s’.ilsavait ordonner un bon retranchement,faire des sorties ä propos, employerles contre-mines et les fougaces.

Remarquons bien que ce pretexle,fonde sur le danger auquel un assautau corps de la place expose les habi-tans, n’a pas mßme lieu pour les cita-delles, forts et chäteaux, oü il n’y apoint de bourgeoisie, et qui compo-sent, ä eux seuls, la plus grande partiedes postes defensifs : la garnison y estcomme dans une redoute, fermee etfortifi6e avec le plus grand soin, parcequ’elle doit servir de point d’appui äun corps d’armee. Or, quel est le mili-taire qui pourrait entendre parier decapitulation dans un pareil poste? C’estle poste d’honneur, c’est le passage desThermopyles; et que dirait aujour-d’hui l’histoire, de Leonidas et de sestrois Cents Spartiates, s’ils eussent ca-pitule?

« J’avais resolu (dit le Chevalier de» Ville dans son chapitre des Capitula-»tions et Redditions des places) de nev point mettre ce chapitre , pour faire

» entendre aux gouverneurs qu’ils ne»doivent jamais capituler, et que c’est» oeluy auquel ils doivent moins dtu-» dier ou savoir; toutefois, parce qu’il» peut arriver qu’apres une raisonnable»resistance, le prince veut qu’on ren-» de la place pour plusieurs considera-»tions qu’il peut avoir, et parce qu’ä»la fin le lieu et la terre manquent» pour se retrancher, ou qu'on n’a plus» de soldats pour se deffendre, ou des»munitions pour tirer, ou des vivres»pourse nourrir, on est contraint de» capituler.

» C’est une chose bien certaine, que»jamais on ne rofuse composition lors-» qu’on la demande, en quel 6tat qu’on»soit, et que le gouverneur est bien» plus estime, et a plus d’honneur d’a-» voir mauvaise composition pour s’es-»tre tro[) bien dollendu, que de se»rendre trop tot pour avoir quclque»avantage : c’est en quoy plusieurs»gouverneurs mal cxperimenles ont»faillv et se sont rcndus infames, eux» et leur postteite, pour n’avoir pas»soutenu autant qu’ils devoient, de»peur que l’ennemy ne leur leroit» point party, s’ils se deffendoient jus-»ques aux derniers travaux. Puisque»nous avons vu plusieurs faire cette» faute, je pourrois donner cet ad vis,»que l’ennemy, quelque force qu’il» aye, ne peut prendre une place mö-» diocrement fortifite, mais bien def-» fendue ; qu’il n’y vienne pied a pied» avec le temps, et que l’attaque a tous»sesordres et sa suite, comme nous»avons cy-devant escrit. Il faut que»l’ennemy se campe, fasse ses batte-»ries et tranchees, force les dehors et» contr’escarpes, rompe les deffences» et flancs, passe le fossez, fasse jouer»la mine ou fasse bresche avec le ca-» non; et aprös cela, qu’il se löge la-»dodans, se rende maislre des reu,.n-