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Tome cinqième.
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DES PLACES FORTES.

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precieux, que l’ennerai employa ä de-barquer le reste de ses troupes. Lesrdclamations des militaires qui entou-raieat le commandant en chef, les vi-fes sollicitations de quelques officiersexpürimentes, qui luirepresentaient lanecessite d’attaquer l’enriemi, dontledübarquement s’effectuait toujours, nequrent vaincre sa resolution.

» Ce ne fut qu’ä six heures du soirqu’il se decida ä faire attaquer le Dö-gras-des-Cannes par cent cinquantehommes seulement, commandes pardeux capitaines, tandis qu’avec environtrois cent cinquante hommes d’elite, ilfit un mouvement retrograde.

» L’attaque du Degras-des-Cannes,ordonnee ä l'entröe de la nuit, fut in-fructueuse.

» L’ennemi avait eu le temps deröunir toutes ses forces, en rappelantcelles qu’il avait dirigöes sur le postedu Trio.

» Instruit de la retraite absolue deVictor Hugues , il attaqua le Iendemainles postes du Trio et du canal de Tor-cv, et s’en empara.

» M. Hugues, qui, ä la töte de l’ölitede ses troupes, qui n’avaient pas en-core tire un coup de fusil, etait rentrea Cayenne , ne pensa plus alors qu’ä serendre; sans convoquer de conseil deguerre, sans reunir ni consulter lesautoritös civiles, il traita seul, avec lecommandant portugais, des conditionsde la capitulation.

»Ce precis, recueilli sur les faitsönonces par M. Victor Hugues lui—möme, sur les declarations des mili-taires. des employescivils et des habi-tans de la colonie, donne assez de iu-mieres sur la conduite de M. VictorHugues .

» Le conseil d’enquöte a pense, Sire,et Votre Mojeste le pensera commepous. que les lenteurs, les fsusses dis-

positions et la pusillanimitö de ce chefont decide du sort de la colonie danscette circonstance importante.

»En effet, Sire, l’incendie des habi-tations, la revolte des noirs, tous lesmalheurs dont se plaint M. Victor Hu-gues , et qu’il exagöre, la perte enlinde la colonie de la Guyane frangaisen’ont etö que les suites naturelles dela faiblesse ou de l’ineptie de ce com-missaire de Votre Majestö.

»Nousne doutons pas, Sire, que siM. Victor Hugues eüt attaque les en-nemis le 7 au matin, lorsqu’ä peine ilavait döbarque centcinquante hommes,il ne les eüt repoussesentierement, etn’eüt empöche leur grand döbarque-ment qui eut lieu ä midi.

» Si möme, apres avoir perdu lajournee du 7, il avait, le 8 et le 9,marchö contre l'ennemi, il pouvaiten-core reparer ses fautes et forcer lesPortugais ä abandonnner leurs entre -prises: il pouvait les contraindre aquilter l’Approuague et l’Oyapock, cnse servant, contre leurs faibles embar-cations, de la frögate la Topaze quilui etait envoyee de France avec centhommes de troupes, et qui arriva le12, lorsque la capitulation ötait si-gnee. Par lä, il lui etait encore facilede retablir et de maintenir l’ordre dansla colonie.

»M. Victor Hugues donne pour justi-fication de sa conduite plusiours motifsque nous devons soumettre ä VotreMajestö, mais qu’un leger examen suf-fit pour detruire.

»Le premier est la faiblesse des for-ces de sa garnison qu’il porte ä troiscent trenle-huit hommes seulement.

»Cependant, Sire, son etat de Situa-tion du 1 er janvier, et la döclarationunanime de tous les militaires la fontmonier a cinq cent onze hommes detroupes de ligne, independomment de«