DES PI.ACES FORTES.
non seulemcnt cömmeadministrateur,mais encore corame commandant enchef les troupes de terre et de mer.C’etait lorsqu’il fut investi de ce com-mandement qu’il devait reconnaitreson insuflisance. S’il n’etait pas mili—taire, pourquoi en prenait-il le titre etles döcorations, et empöchait-il, ainsi,que la colonie fut conßee ä un militairerapable de la defendre?
» M. Hugues cherche aussi ä rejetersur les habitans de Cayenne une partiede ses torts; il se plaint du mauvais es-prit qui regriait dans la ville.
» Cependant, le 30 decembre, il ecri-vaitau ministre de la marine: «Je vois»avec plaisirque la garnison et les ha-»bitans sont animes d’un bon esprit. »
» Si les faules de M. Victor Ilugues,Sire, n’etaient pas suffisamment de-montrecs, on pourrait demander en-core 0 CG gOUYerneur pourquoi, con-naissant l’inexperience du jeune capi-laiiic Chevreuil , il lui avait confie leposte du Diamant , considdre comrae leplus important, tandis que le capitaineGirard, ofßcier experimente et plus an-der), avait reclame l’lionneur de Com-mander ce poste?
»On pourrait Jui demander aussipourquoi, connaissantl’importance dudeuxieme poste, le Degras-des-Can-nes, il s’est contente de le faire garderpar qui uze hommes commandes par unsergent?
» Nous devons egalement, Sire, faireobserver ä Votre Majeste, qu’en memetemps que M. Victor Hugues donnaitune defense aussi faible aux trois postesprincipaux de l’ile, il plagait cent ’dngthommes au eanal de Torcy , poste eloi-gnd del’attaque,etqui nepouvaitguftreservirqu’ä pro teger sa propre habitation.
» Tels sont, Sire, les motifs qui nousont convaincus que le commissaire deVotre Majeste, commandant en chef
la Guyane , n’a pas employe tousmoyens ä sa disposition pour la defensede la colonie qui lui avait ete eonfiec.
»L’avis du conseil d’enqudteest, Sire,que la conduite de ce commissaire doitdtreexaminee parlestribunaux sur plu-sieursgriefsdont Votre Majeste trouve-ra l’enumeration dansle resultat de l’en-qudte que nous avons joint ä ce rapport.
» Le conseil d’enquöte, Sire, n’a purien decouvrir d’assez po'ilif poureclairer la religion de Votre Majeste,sur la question de savoir si M. VictorHugues s’etait rendu ä un petit nombred'hommes pour mettre ä couvert sesplantalions et sa fortune.
»Si l’on en croit la majorite descreoles, ce gouverneur a ramasse unegrande fortune en se servant de son in-fluenceetde son autorite pourse reser-ver a lui seulle commerce exclusif de lacolonie. Mais nous n’avons pas crude-voirasseoir notre jugement sur des de-clarationsverbales, dont quelques-unespeuventavoirdtedictdes parreffetdelahainedont un grand nombre d’habitansde Cayenne paraissent animes contrel’ex-commissaire de Votre Majestd.
Toutefois, Sire, nous per.sons que ,füt-il vrai que Victor Hugues n’eüt pas6td entraind ä rendre la colonie parl’espoir de sauver sa fortune, il n’enimporte pas moins ä Votre Majeste defaire subir ä ce commissaire l’epreuved’un jugement par un tribunal.
»Nous sommes,
Sire,
De Votre Majeste Imperiale etRoyale, les tres humbles ettrbs obeissans servileurs ettr^s fideles sujets.
»Sign6 le comte Cessac, legeneral comte Hülun.le comte de Rosily .vice-amiral.
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