720
SUR JA FOUTIFICATION PRIMITIVE.
ou angulaire, en g6n6ral, est bien eneffet la plus propre ä favoriser cettecombinaison, et si, en prenant pourbase de la defense cette alternative,dont je viens de parier, des coups demain avec l’emploi des armes ä feu, ilne serait pas plus avantageux d’enrevenir, pour le fond, ä ces anciensremparts circulaires, ou qui n’avaientaucune forme determinde. Telle est laquestion que je me suis propose d’exa-minerici.
Je diviserai ce que j’ai ä dire sur cetobjet en deux paragraphes : dans lepremier, je traiterai de la l'ortificationprimitive en g6n4ral; dans le second,j’appliquerai les mömes principes auxamdliorations possibles du systömebastionnA
§ I".
De la fortification primitive cn g£n<Sral.
Le fl6au de toutes nos fortificationsmodernes est le ricochet. Or, le moyenle plus efficace pour l'^viter sur desremparts däcouverts parait 6tre dedonnerä la magistrale de ces rempartstoute autre forme que la ligne droite,t’est-ä-dire toute autre forme que cellequi lui est assignße par des systemesbastionn^s ou angulaires quelconques.Le seul changement des lignes droitesm lignes courbes rem6dierait doncd6ja, en grande partie, au plus gravedes inconv6niens connus; maisla choseest-elle praticablc, sans donner lieu äd’autres inconv£niens plus graves en-core? Voilä ce qu’il s’agit de savoir.Or, il m’a paru que non seulement cechangement 6tait trös possible, maisque, loin d’ßtre nuisible, il devait aucontraire procurer une foule d’au-tres avantages, tels que ceux de la sim-plicitö, de l’economie, et surtout de lagrande facilitd qui en rösulte de plier
j la fortification ä tous les accidens d’unsite irregulier.
Pour fixer les idees, je supposeraid’abord que l’espace ä fortifier soit ab-solument circulaire, et que la lignemagistrale, ou cordon du mur d’escarpedu corps de place, soit une circonfö-rence exacte.
Derrihre ce mur d’escarpe circulairej’etablis un rempart en terre composöd’un chemin des rondes, d’un parapetet d’un terre-plein pour I’arlillerie.
Ce corps de place est entoure d’unfosse, puis de deux couvre-faces con-centriques, en avant Tun de l’au-tre, comme deux ceintures parfaite-ment circulaires, ayant chacune sonmur d’escarpe, son chemin des rondeset son fosse. Le tout est enveloppe parun glacis ordinaire, au-delä duquel estun avant-fossö que termine un murde contrescarpe, toujours de formecirculaire et concentrique au corps dela place.
D’aprös ce leger apergu du nouveausysthme, je vais entrer dans tous lesdeveloppemens necessaires, au moyendu profil pris sur l’un quelconque desrayons de l’enceinte circulaire; ce pro-fil ötant, parhypothöse, le mömepourtous.
Soit AB (planche I re , fig. 1), uneligne horizontale, que je suppose re-presenter le terrain naturel. A douzepieds ouquatre metres (1) au-dessous,
(1) Dans ce Memoire, comme dans le Trattede la Defense des Places fortes, j'ai fait usageindifteremment des mesures anciennes et desmesures nouvelles. parce que j’ai eu souventa y parier des forliGcations existantes qui ontH6 Iracdcs sur les anciennes mesures. Au sur-plus, comme il ne s’agit pas ici d’une prd-cision mathdmatique, je supposerai, en nom-bres ronds, que la toise est äquivalente ädeux metres. Les dessins sont cotes en metresseulement.